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Fiche pratique

Mon ordinateur s'allume tout seul : réveil programmé ou quelqu'un à distance ?

Trouver son ordinateur allumé à six heures du matin, écran bleuté dans le noir, met tout de suite l'idée d'une intrusion en tête. Windows garde pourtant la trace écrite de chaque réveil, et une commande de treize caractères nomme ce qui a sorti la machine de sa veille. Vous saurez en cinq minutes s'il faut s'inquiéter ou décocher une case.

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↑ Ce conseil fait partie du guide : Ordinateur et appareils piratés

Mon ordinateur s'allume tout seul, que faire ?

Ouvrez l'invite de commandes et tapez powercfg /lastwake : Windows nomme ce qui a sorti l'ordinateur de sa dernière mise en veille. Puis powercfg /waketimers liste les minuteurs qui le réveilleront encore. Dans la très grande majorité des cas, le coupable est une tâche de mise à jour ou un périphérique USB, pas une personne.

  1. Noter l'heure exacte de trois allumages
  2. Lancer powercfg /lastwake, puis powercfg /waketimers
  3. Lire la source Power-Troubleshooter dans le journal Système
  4. Désarmer les périphériques avec powercfg -devicequery wake_armed
  5. Si rien n'apparaît : regarder l'alarme horaire du BIOS

Était-il en veille, ou vraiment éteint ?

C'est la question qui commande tout le reste, et presque personne ne la pose avant de chercher. Un ordinateur en veille garde la mémoire sous tension : des dizaines de choses ont le droit de le réveiller. Un ordinateur réellement éteint n'a plus que trois portes, et toutes sont en dehors de Windows — chercher une tâche planifiée dans ce cas, c'est fouiller la pièce voisine.

Illustration : un ordinateur portable ouvert sur un bureau en bois, carnet et stylo posés à côté
Un ordinateur qui s'allume seul à heure fixe obéit à un minuteur : la régularité est la signature d'un réglage, jamais celle d'un intrus.
État de la machineCe qui peut la rallumer
VeilleUn minuteur de réveil, la souris, le clavier, un port USB, la carte réseau, le Bluetooth
Veille prolongéeUn minuteur de réveil, la carte réseau si elle reste alimentée
Arrêt completLe bouton, une alarme horaire du BIOS, un paquet Wake-on-LAN, la reprise après coupure
Arrêt avec démarrage rapideComme la veille prolongée : la session est endormie, pas fermée
Les quatre états de l'ordinateur et les sources de réveil que chacun autorise.

Le piège que ce tableau révèle : le démarrage rapide, activé d'origine sur la plupart des ordinateurs livrés avec Windows 10 et Windows 11, fait qu'un arrêt n'est pas un arrêt. Le système endort la session au lieu de la fermer, pour redémarrer plus vite. Résultat : un ordinateur que vous croyez éteint peut encore obéir à un minuteur. Le réglage se trouve dans le Panneau de configuration → Options d'alimentation → Choisir l'action des boutons d'alimentation, et powercfg /h off le supprime d'un coup, en désactivant la veille prolongée. Pour savoir ce que votre machine sait faire, powercfg /a liste les états de veille disponibles.

À retenir

Notez l'heure de trois réveils avant de toucher à un réglage. Des minutes qui se ressemblent : c'est un minuteur, et il porte un nom. Des heures sans aucune logique, souvent juste après que vous ayez effleuré le bureau : c'est un périphérique. Le hasard pur n'existe pas ici.

Les trois commandes qui nomment le réveil

Tapez cmd dans le menu Démarrer, puis clic droit sur Invite de commandes et Exécuter en tant qu'administrateur. Trois commandes suffisent, et Microsoft les documente mot pour mot.

1. powercfg /lastwake « signale des informations sur ce qui a sorti le système de la dernière transition de mise en veille ». La réponse tient en quatre lignes et donne un type de réveil — Minuteur, Périphérique, Bouton d'alimentation — puis une source nommée : le nom exact de la carte réseau, de la souris, ou le chemin complet de la tâche responsable. C'est la seule commande de cette fiche qui désigne un coupable par son nom.

2. powercfg /waketimers « énumère les minuteurs de sortie de veille actifs ». Elle regarde devant, pas derrière : elle dit ce qui réveillera l'ordinateur cette nuit. Une sortie vide est une bonne nouvelle. Une ligne du type NT TASK\Microsoft\Windows\UpdateOrchestrator\… désigne le Planificateur de tâches de Windows Update.

3. powercfg -devicequery wake_armed « répertorie les périphériques actuellement configurés pour sortir le système de n'importe quel état de veille ». Deux ou trois lignes attendues : le clavier, la souris, parfois la carte réseau. Une dizaine de lignes, avec des concentrateurs USB et du Bluetooth, explique à elle seule des réveils en apparence aléatoires.

Pour l'historique, et non le dernier réveil seulement, passez par l'Observateur d'événements. Touche Windows + R, tapez eventvwr.msc, puis Journaux Windows → Système → Filtrer le journal actuel… et choisissez la source Power-Troubleshooter. Chaque événement 1 est une sortie de veille, avec trois informations : l'heure de veille, l'heure de sortie de veille et la source de sortie de veille. Vous obtenez des semaines d'historique, à la seconde près. Si, à l'inverse, vous cherchez qui a arrêté la machine, c'est l'événement 1074 du même journal qui donne la cause.

Les quatre causes, de la plus fréquente à la plus rare

1. Un minuteur de réveil. C'est le cas le plus courant, de très loin. La maintenance planifiée de Windows se règle au milieu de la nuit et s'autorise à réveiller l'ordinateur pour défragmenter, vérifier les mises à jour et nettoyer. Dans le Panneau de configuration → Centre de sécurité et de maintenance → Maintenance → Modifier les paramètres de maintenance, une case s'intitule Autoriser la maintenance planifiée à réveiller mon ordinateur. Dans taskschd.msc, chaque tâche porte un onglet Conditions avec la même autorisation ; le dossier Microsoft → Windows → UpdateOrchestrator est le premier à inspecter. Repousser indéfiniment les correctifs n'est pas la bonne réponse : les mises à jour bouchent des failles réellement exploitées.

2. Un périphérique armé. Une souris optique posée sur un bureau qui vibre quand le chauffage se met en route ; un clavier dont une touche colle ; une manette de jeu laissée branchée ; un disque externe dont le concentrateur USB envoie une impulsion au moment où il se réalimente. Ouvrez devmgmt.msc, le Gestionnaire de périphériques : dans les propriétés du matériel, l'onglet Gestion de l'alimentation porte la case Autoriser ce périphérique à sortir l'ordinateur du mode veille. On peut aussi la retirer en ligne de commande : powercfg /devicedisablewake "nom exact du périphérique".

3. Le réseau. La carte réseau peut rester alimentée pendant la veille et guetter un « paquet magique », ce signal du Wake-on-LAN qui sert aux entreprises à rallumer un parc pour les mises à jour nocturnes. Dans ses propriétés, deux cases cohabitent : Autoriser ce périphérique à sortir l'ordinateur du mode veille, et surtout Autoriser uniquement un paquet magique à sortir l'ordinateur du mode veille. La seconde est le bon réglage si vous utilisez le Wake-on-LAN volontairement, parce qu'elle empêche le trafic ordinaire du réseau — une télévision connectée, une imprimante bavarde — de réveiller la machine toute la nuit.

4. Le matériel et le firmware. Reste le cas où Windows n'a rien à dire, parce que l'ordre ne venait pas de lui. Au démarrage, la touche F2, F10, Suppr ou Échap selon la marque ouvre le BIOS ou l'UEFI. Cherchez la rubrique d'alimentation : une alarme horaire (souvent nommée Wake on RTC alarm ou Power On by Alarm) allume la machine à heure fixe sans que le système en sache rien. Sur un ordinateur portable, un bouton d'alimentation usé ou une nappe pincée produisent des allumages francs et aléatoires : c'est une panne, pas un piratage, et elle se confirme en débranchant tout.

« Il démarre dès que je le branche »

C'est une plainte si fréquente qu'elle mérite sa section, et la réponse rassure : il s'agit d'un réglage d'usine, pas d'un symptôme. Le BIOS de la plupart des ordinateurs de bureau propose un comportement de reprise après coupure de courant, appelé selon les marques AC Recovery, After Power Loss ou Restore on AC Power Loss. Trois valeurs sont possibles : rester éteint, s'allumer, ou revenir au dernier état connu. Les deux dernières servent aux machines qui doivent redémarrer seules après un orage, un serveur ou une caisse de magasin ; sur un ordinateur familial, basculez sur Power Off.

Deux conséquences pratiques, que les forums confondent sans arrêt. D'abord, si la machine s'allume chaque fois que vous rebranchez la multiprise, inutile de chercher plus loin. Ensuite, si elle s'allume seule à trois heures du matin sans que vous ayez touché à la prise, c'est que le courant a bougé : une microcoupure, un délesteur, une minuterie de chauffe-eau. Le journal Système le signe alors d'un événement 41 sans aucun arrêt propre avant lui. Sur un ordinateur portable, le branchement du chargeur peut jouer le même rôle s'il est autorisé comme source de réveil.

Peut-on allumer un ordinateur à distance ?

Il faut séparer deux choses que la peur mélange. Réveiller une machine, c'est possible dans certaines conditions. Ouvrir une session dessus, non : un ordinateur réveillé s'arrête à l'écran de verrouillage et y reste. Le paquet magique du Wake-on-LAN ne transporte aucun code : c'est une trame qui répète seize fois l'adresse matérielle de la carte réseau, rien d'autre. Il allume, il n'installe rien et il ne tape aucun mot de passe.

Ce signal ne circule, par construction, que sur le réseau local. Pour l'envoyer depuis internet, il faut soit un port redirigé sur la box, soit un appareil déjà présent chez vous. Autrement dit : un inconnu sur internet, non ; quelqu'un connecté à votre wifi, oui. Deux vérifications gratuites valent donc mieux qu'une inquiétude — savoir qui est connecté à votre wifi et contrôler les six réglages de la box, dont la liste des redirections de ports. Le même raisonnement vaut pour une imprimante ou un NAS exposés sur internet.

Le seul cas où ce réveil est vraiment offensif ne concerne pas les particuliers, et il est documenté publiquement. Le rançongiciel Ryuk, décrit par la base MITRE ATT&CK sous la référence S0446, a utilisé le Wake-on-LAN « pour mettre sous tension des systèmes éteints » et se propager. Le pirate était déjà dans le réseau de l'entreprise : le réveil ne servait qu'à atteindre les postes qu'on croyait hors de portée parce qu'ils dormaient. Pour une TPE, la leçon est simple : éteindre les machines n'est pas une sauvegarde, et une copie hors ligne reste le minimum vital. Si des fichiers sont déjà chiffrés, les premières 24 heures se jouent dans un ordre précis.

L'inquiétude inverse est plus fondée, et une commande la tranche : powercfg /requests « énumère les demandes d'alimentation des pilotes et des applications », c'est-à-dire ce qui empêche l'ordinateur de dormir. Un outil de prise en main laissé actif après un faux dépannage apparaît là. Si le curseur se déplace aussi devant vous, le test du réseau coupé tranche en dix secondes ; si la session était ouverte et des programmes lancés, l'événement 4624 dit qui s'est connecté ; et les six portes du PC se ferment une par une, le faux support technique restant le scénario numéro un par lequel elles ont été ouvertes.

À ne pas faire

Ne réinstallez pas Windows avant d'avoir lu powercfg /lastwake. Si la cause est l'alarme du BIOS ou la reprise après coupure, le problème revient à l'identique sur un système tout neuf, et vous aurez perdu une journée. La réinstallation a son utilité, mais après le diagnostic.

Fermer les portes du réveil : cinq réglages

  • Les minuteurs de réveil. Panneau de configuration → Options d'alimentation → Modifier les paramètres du mode → Modifier les paramètres d'alimentation avancés → Veille → Autoriser les minuteurs de réveil, à passer sur Désactiver. Une réserve : si une sauvegarde planifiée dépend de ce réveil, elle ne se fera plus.
  • La maintenance automatique. Décochez Autoriser la maintenance planifiée à réveiller mon ordinateur, et notez l'heure affichée : elle correspond souvent, à la minute, aux réveils constatés.
  • Les périphériques. Lancez powercfg -devicequery wake_armed, puis retirez l'autorisation de tout ce qui n'est pas le clavier. Gardez-en un seul : sans quoi il faudra appuyer sur le bouton pour sortir de veille.
  • La carte réseau. Si vous ne vous servez pas du Wake-on-LAN, décochez les deux cases de l'onglet Gestion de l'alimentation, et mettez Wake on LAN sur Désactivé dans le BIOS. Si vous vous en servez, gardez uniquement un paquet magique.
  • Le démarrage rapide. powercfg /h off dans une invite de commandes ouverte en administrateur. Un arrêt redevient un arrêt, au prix de quelques secondes au démarrage. C'est le réglage qui met fin aux réveils d'un ordinateur « éteint ».

Comptez une semaine avant de conclure, et relancez powercfg /waketimers le lendemain soir : la liste doit être restée vide.

Ce qui ne sert à rien

  • Débrancher la souris « au cas où ». Sans lire wake_armed d'abord, on débranche au hasard et on conclut au hasard.
  • Enchaîner les analyses antivirus. Aucun antivirus ne décoche une case du BIOS ni ne supprime un minuteur légitime ; Defender suffit dans la plupart des situations. Un contrôle unique a du sens, pas dix.
  • Acheter un « optimiseur » ou un « réparateur de registre ». Ils ne touchent ni au firmware, ni au Planificateur de tâches, ni aux périphériques armés.
  • Couper le wifi de la box la nuit. Cela masque un éventuel Wake-on-LAN sans rien expliquer, et la cause revient dès qu'on rallume.
  • Rappeler le numéro affiché par une fenêtre d'alerte. Une page qui annonce une panne et donne un numéro est une fausse alerte antivirus, jamais un diagnostic. Et si l'ordinateur montre d'autres signes, les six gestes de la première heure reprennent tout dans l'ordre.

Questions fréquentes

Mon ordinateur s'allume tout seul la nuit, toujours au même moment

Une heure fixe désigne un minuteur, jamais un intrus. Windows place sa maintenance planifiée au milieu de la nuit et s'autorise à réveiller la machine pour la faire. Lisez l'heure exacte dans le Panneau de configuration, rubrique Maintenance, puis décochez l'autorisation de réveil. Les tâches de mise à jour du dossier UpdateOrchestrator font la même chose.

powercfg /lastwake ne renvoie aucune source de réveil, pourquoi ?

Parce que l'ordinateur n'était pas en veille : il était vraiment éteint. Windows ne peut rien dire d'un démarrage qu'il n'a pas vu venir. La commande devient muette, et la cause est alors hors du système : alarme horaire du BIOS, reprise automatique après une coupure de courant, bouton d'alimentation fatigué, ou Wake-on-LAN.

Mon ordinateur portable s'allume quand j'ouvre l'écran, est-ce normal ?

Oui, c'est un réglage d'usine sur beaucoup de modèles récents : l'ouverture du capot est traitée comme un appui sur le bouton. Le réglage porte un nom différent selon la marque et se change dans le BIOS ou l'UEFI, pas dans Windows. Le branchement du chargeur peut avoir le même effet s'il est autorisé comme source de réveil.

Mon Mac s'allume tout seul, où faut-il regarder ?

Dans Réglages Système, rubrique Batterie ou Énergie, puis Options : l'entrée Réveil pour l'accès réseau est l'équivalent du Wake-on-LAN, et Power Nap réveille la machine pour relever les messages. Dans le Terminal, la commande pmset -g affiche les réglages actifs. Une mise à jour programmée produit le même symptôme, et les cinq vérifications qui tranchent valent aussi ici.

Faut-il désactiver la veille pour que ça s'arrête ?

Non, et c'est même contre-productif. Un ordinateur qui ne dort plus consomme, chauffe et reste joignable en permanence sur le réseau. On gagne plus à désactiver les minuteurs de réveil et à désarmer les périphériques : la veille reste, les réveils s'arrêtent, et la régularité qui permettait de comprendre n'est pas effacée.

L'ordinateur s'allume et une fenêtre noire apparaît une seconde

Ce clignotement est le symptôme jumeau du réveil programmé, et il a la même origine : une tâche planifiée qui s'exécute, finit, et referme sa fenêtre. Les deux se lisent dans le Planificateur de tâches. Notre fiche dédiée détaille les quatre tests qui séparent une tâche légitime d'un script ajouté par un programme indésirable.

À lire aussi : ma webcam s'allume toute seule · le gestionnaire des tâches désactivé · détecter un logiciel espion sur son ordinateur.

EA

Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone et sur l'établi, pas d'un manuel. En savoir plus.

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