Suis-je piraté ? Les douze signes qui doivent alerter
Tous les signes n'ont pas la même valeur. Certains ne trompent pas, d'autres ont neuf fois sur dix une cause banale. Voici comment faire la différence — et quoi faire dans chaque cas.
- Des fichiers chiffrés et une demande de rançon : coupez le réseau, n'éteignez pas, ne payez pas.
- Le pointeur bouge seul : quelqu'un est connecté à votre machine, débranchez le réseau.
- Un compte bancaire touché : faites opposition avant tout le reste.
Sur Messenger, WhatsApp, par SMS ou par mail. C'est le signe le plus fréquent d'un compte pris par quelqu'un d'autre.
Si vous n'avez rien changé, c'est quelqu'un d'autre qui l'a fait. Chaque heure compte pour reprendre la main.
C'est un rançongiciel. Coupez le réseau immédiatement, ne payez pas, n'éteignez pas l'ordinateur brutalement.
Faites opposition sans attendre, puis signalez l'opération. La banque a des délais de contestation courts.
Quelqu'un connaît votre mot de passe et se heurte à la double authentification. Ne communiquez jamais ce code.
Une prise de contrôle à distance est en cours. Débranchez le réseau tout de suite.
Un intrus ajoute souvent une règle qui lui renvoie une copie de vos mails, puis efface ses traces.
Beaucoup de logiciels malveillants commencent par neutraliser la protection.
Barres d'outils, « optimiseurs », extensions de navigateur : souvent arrivés avec un téléchargement.
Détournement du navigateur : gênant, rarement isolé, et parfois accompagné d'un vol de données de connexion.
Un logiciel publicitaire est installé sur la machine, pas seulement dans le navigateur.
Souvent un simple encrassement. Mais aussi, parfois, un programme qui travaille pour quelqu'un d'autre.
Signal fort : dans la quasi-totalité des cas, il y a bien eu intrusion. À vérifier : compatible avec un piratage, mais aussi avec une cause bénigne. Possible : rarement seul en cause.
Les six gestes d'urgence
Dans cet ordre. Ils ne coûtent rien et limitent les dégâts, que vous m'appeliez ensuite ou non.
-
Coupez le réseau, pas le courant
Débranchez le câble Ethernet ou désactivez le Wi-Fi. Cela stoppe une prise de contrôle et empêche un rançongiciel d'atteindre vos autres appareils et vos sauvegardes.
N'éteignez pas brutalement l'ordinateur si un chiffrement est en cours : vous perdriez des éléments utiles à l'analyse.
-
Ne payez jamais la rançon
Payer ne garantit rien, finance l'attaque suivante et vous désigne comme cible qui paie. C'est la recommandation constante des autorités françaises.
-
Changez vos mots de passe depuis un autre appareil
Jamais depuis la machine suspecte : si elle enregistre vos frappes, vous donneriez aussi les nouveaux. Utilisez le téléphone d'un proche ou un appareil sain.
Commencez par votre boîte mail : c'est la clé qui ouvre tous les autres comptes.
-
Activez la double authentification, en commençant par la messagerie
C'est la mesure qui bloque le plus d'attaques pour le moins d'efforts. Un mot de passe volé ne suffit alors plus.
-
Inspectez votre messagerie avant de refermer le dossier
Vérifiez les règles de transfert, les adresses de récupération et la liste des appareils connectés. Un intrus laisse souvent une porte dérobée derrière lui.
-
Signalez, et conservez les preuves
Photographiez les écrans, notez les dates. Puis : votre banque en cas de paiement, cybermalveillance.gouv.fr et 17Cyber pour être orienté, et un dépôt de plainte.
Les fausses alertes les plus fréquentes
Une bonne partie des appels que je reçois ne sont pas des piratages. Les reconnaître évite une dépense et une inquiétude inutiles.
La fausse alerte du navigateur
Une page plein écran annonce que « votre ordinateur est infecté » et affiche un numéro à appeler, parfois avec une voix de synthèse. C'est une arnaque au faux support technique : la page n'a aucun accès à votre machine. Fermez l'onglet, au besoin forcez la fermeture du navigateur. N'appelez jamais le numéro. Ce qu'il faut savoir sur cette arnaque.
Le mail de chantage à la webcam
Un message affirme vous avoir filmé et exige un paiement en cryptomonnaie. Il est envoyé en masse. Le mot de passe qu'il cite parfois vient d'une fuite ancienne : c'est le seul point à traiter — changez-le partout où il servait encore.
La lenteur
Disque saturé, disque mécanique fatigué, trop de programmes au démarrage, Windows qui installe une mise à jour : dans l'immense majorité des cas, la lenteur n'a rien à voir avec un pirate.
Trois vérifications que vous pouvez faire vous-même
- Les connexions récentes de votre messagerie — Gmail comme Outlook affichent la liste des appareils et des adresses qui se sont connectés. Une connexion depuis un pays où vous n'êtes jamais allé est sans appel.
- Les règles de transfert — dans les paramètres du courrier, vérifiez qu'aucune règle n'envoie une copie de vos messages ailleurs.
- Les autorisations — sur Facebook, Google ou Microsoft, la liste des applications autorisées contient parfois un intrus que vous n'avez jamais installé.
Ces vérifications sont sans risque, mais elles demandent de la méthode. Au téléphone, on les fait ensemble en dix minutes : 07 51 13 37 69, diagnostic gratuit.
Et ensuite ?
Si le doute est levé dans le mauvais sens, il y a trois choses à faire, dans cet ordre : établir ce qui s'est réellement passé, nettoyer et reprendre la main, puis fermer la porte par laquelle c'est entré. C'est ce dernier point que l'on saute le plus souvent, et c'est celui qui évite la récidive.
Questions fréquentes
Un ordinateur lent, c'est un piratage ?
Neuf fois sur dix, non. La lenteur vient d'un disque plein, d'un disque mécanique vieillissant ou de programmes lancés au démarrage. Elle ne devient un signal que si elle s'accompagne d'autre chose : ventilateur à fond au repos, fenêtres qui s'ouvrent seules, connexion réseau anormale.
J'ai reçu un mail qui dit m'avoir filmé et réclame des bitcoins.
C'est presque toujours une extorsion en masse, envoyée à des milliers d'adresses, sans aucun accès réel à votre matériel. Le mot de passe cité provient d'une fuite de données ancienne. Ne payez pas, ne répondez pas — mais changez le mot de passe en question partout où il servait encore.
Comment savoir si quelqu'un lit mes mails ?
Regardez trois choses dans les paramètres de votre messagerie : les règles de transfert automatique, l'adresse de récupération, et la liste des appareils et des connexions récentes. Un intrus laisse presque toujours une trace dans l'une des trois.
Mon antivirus ne détecte rien, je suis donc tranquille ?
Pas nécessairement. Un antivirus voit les fichiers malveillants connus. Il ne voit pas un compte dont le mot de passe a été volé, ni une session ouverte ailleurs, ni un accès à distance autorisé par une arnaque au faux support.
Un doute ? Cinq minutes au téléphone suffisent à le lever.
Le diagnostic est gratuit et sans engagement. Si vous n'avez rien, je vous le dis.