↑ Ce conseil fait partie du guide : Arnaques et hameçonnage
Que faire face à un faux support technique ?
Raccrochez, ou fermez la fenêtre : ni Microsoft, ni Apple, ni votre opérateur n'appellent spontanément un particulier. Si vous avez déjà laissé quelqu'un prendre la main sur votre écran, coupez le réseau, désinstallez l'outil de prise en main, changez vos mots de passe depuis un autre appareil et surveillez votre banque.
Comment ça se présente
Une page s'ouvre en plein écran pendant que vous naviguez. Elle affiche un logo connu, un code d'erreur, parfois une alarme sonore et une voix de synthèse : « votre ordinateur est infecté, n'éteignez pas, appelez immédiatement le … ». Le navigateur semble bloqué.
Au bout du fil, un « technicien » très professionnel vous fait installer un outil de prise en main à distance, vous montre des fenêtres inquiétantes (souvent le journal d'événements de Windows, parfaitement normal), puis vend une « licence de protection » de plusieurs centaines d'euros — ou demande un accès à votre banque « pour le remboursement ».
Cette page n'a aucun accès à votre ordinateur. Elle affiche un texte, rien de plus. Tant que vous n'appelez pas et n'installez rien, il ne s'est rien passé.
Pourquoi ça marche si bien
Parce que tout est conçu pour empêcher de réfléchir : l'urgence affichée, le son, l'interdiction d'éteindre, l'autorité de la marque imitée, et un interlocuteur calme qui « prend les choses en main ». Cela n'a rien à voir avec le niveau de compétence de la victime.
Si vous n'avez pas appelé
- Fermez l'onglet. S'il refuse, fermez le navigateur de force : Ctrl+Maj+Échap → sélectionnez le navigateur → « Fin de tâche ».
- Rouvrez le navigateur en refusant la restauration des onglets.
- Faites une analyse avec l'antivirus intégré à Windows, par acquit de conscience.
Rien d'autre n'est nécessaire.
Si vous avez laissé quelqu'un prendre la main
Là, c'est différent : pendant la connexion, cette personne a pu installer ce qu'elle voulait et consulter ce qui était ouvert. Dans l'ordre :
- Coupez le réseau (Wi-Fi ou câble).
- Désinstallez l'outil de prise en main qu'on vous a fait installer — et notez son nom. Si le curseur se remet à bouger seul les jours suivants, la fiche ma souris bouge toute seule donne le test de dix secondes qui dit si quelqu'un est encore connecté. La désinstallation ne referme que deux des six portes : supprimer un accès à distance liste les quatre autres, dont la redirection de port posée sur la box.
- Changez vos mots de passe depuis un autre appareil, en commençant par la messagerie.
- Vérifiez les comptes bancaires et les moyens de paiement enregistrés.
- Faites vérifier la machine. Une prise en main de vingt minutes suffit à installer un accès permanent : c'est le scénario type d'un audit, suivi le plus souvent d'un nettoyage complet.
Et si les dégâts dépassent l'appel — mot de passe qui ne fonctionne plus, messages partis tout seuls, fenêtres qui s'ouvrent sans vous —, la marche à suivre quand votre ordinateur a été piraté reprend les six gestes de la première heure dans l'ordre.
Si vous avez payé
- Carte bancaire : appelez votre banque immédiatement pour faire opposition et contester. Le signalement des fraudes à la carte se fait sur le service public Perceval.
- Virement : prévenez la banque tout de suite — parfois, un virement récent peut encore être bloqué.
- Cartes prépayées ou cryptomonnaie : les sommes sont rarement récupérables, mais le signalement reste utile. Si la « licence » a été réglée en coupons achetés au bureau de tabac, voir payé en coupons PCS ou Transcash : les 5 gestes.
- Déposez plainte, et signalez le contenu sur Pharos ainsi que sur cybermalveillance.gouv.fr.
Et méfiez-vous du second appel : quelques semaines plus tard, quelqu'un rappelle en se présentant comme la police ou le service des remboursements, et propose de récupérer votre argent contre des frais. C'est la même équipe.
Les six signes qui trahissent l'arnaque
- Un numéro de téléphone affiché dans une alerte : aucun éditeur sérieux ne fait ça.
- L'urgence et l'interdiction d'éteindre l'ordinateur.
- La demande d'installer un outil de prise en main pour « vérifier ».
- Une facture immédiate, souvent par carte ou par virement.
- Des écrans effrayants qui sont en réalité des outils Windows normaux.
- Un interlocuteur qui refuse que vous rappeliez un numéro officiel.
La règle générale vaut aussi pour les faux conseillers bancaires : on raccroche, et on rappelle soi-même le numéro figurant au dos de la carte ou sur le site officiel. Voir les mesures de prévention.
Si l'appel a commencé par un message reçu et un lien cliqué, la suite des vérifications est dans j'ai cliqué sur un lien de phishing : que faire : elle dit précisément ce qui change selon ce que vous avez saisi.
Tout commence en général par une page rouge qui bloque l'écran et affiche un numéro : comment en sortir proprement, et vérifier qu'il ne reste rien, c'est l'objet de fausse alerte antivirus.
Si vous avez donné votre numéro de carte pendant l'appel
C'est le scénario le plus fréquent : un « abonnement de sécurité » facturé plusieurs centaines d'euros, payé pendant l'appel. Ce qu'il faut faire, dans l'ordre :
- Faites opposition sur la carte de crédit ou la carte de débit utilisée, par l'application de la banque ou par le serveur interbancaire. Une carte dont le numéro de carte, la date d'expiration et le cryptogramme ont été dictés est compromise, même si un seul paiement apparaît.
- Contestez l'opération par écrit auprès de la banque. Un paiement obtenu par manœuvre frauduleuse se conteste ; la banque demandera le récépissé de plainte ou le signalement Perceval.
- Vérifiez les prélèvements à venir sur votre espace en ligne : ces faux services installent volontiers un abonnement mensuel discret.
- Surveillez le compte bancaire pendant trois mois. Les débits de test de quelques euros précèdent souvent les gros.
- Si vous avez communiqué un code secret reçu par SMS, appelez la banque tout de suite : ce code valide un virement, et là il ne s'agit plus d'un abonnement mais d'un transfert.
Ne rappelez jamais le numéro affiché pendant l'alerte, même pour « annuler l'abonnement » : c'est le même interlocuteur, et c'est la deuxième escroquerie qui commence.
Une vraie alerte de sécurité ne ressemble pas à ça
Trois repères, et aucun ne demande d'être technicien :
- Aucun éditeur ne donne de numéro de téléphone dans une alerte. Ni Microsoft, ni Apple, ni votre anti-virus. Un message qui affiche un numéro en grand est faux, sans exception.
- Une vraie alerte vient du logiciel, pas du navigateur. Si elle apparaît dans une page web — avec des publicités autour, une barre d'adresse visible, un bouton plein écran — c'est un site, pas votre protection antivirus. Fermer l'onglet suffit ; au pire, forcer la fermeture du navigateur.
- Un vrai éditeur ne demande jamais de prise en main pour un problème que vous n'avez pas signalé, et ne facture rien pour retirer un logiciel malveillant qu'il a lui-même détecté.
Le cadenas affiché dans la barre d'adresse ne prouve rien non plus : il indique seulement que la connexion est chiffrée, pas que le site est honnête. Les faux sites ont tous un certificat, il est gratuit.
Questions fréquentes
J'ai donné mon numéro de carte au faux support, que faire ?
Opposition immédiate, puis contestation écrite auprès de la banque. La carte est compromise même si un seul paiement apparaît. Vérifiez aussi les prélèvements à venir : ces faux services installent souvent un abonnement mensuel discret.
Comment reconnaître une vraie alerte de sécurité ?
Aucun éditeur ne met de numéro de téléphone dans une alerte, jamais. Et une vraie alerte vient du logiciel, pas d'une page web : si elle s'affiche dans le navigateur, fermer l'onglet suffit.
Le cadenas dans la barre d'adresse prouve-t-il que le site est sûr ?
Non. Il indique seulement que la connexion est chiffrée, pas que le site est honnête. Les faux sites ont tous un certificat, il est gratuit et automatique.
Le même procédé existe en version physique, à votre porte : un homme en gilet annonce un « contrôle du boîtier fibre », fait signer un abonnement ou repart avec une photo de l'étiquette de la box. Les vérifications sont différentes, elles sont dans faux technicien fibre : que faire s'il est entré chez vous.
À lire aussi : rançongiciel, que faire · mon mot de passe a fuité · le faux technicien fibre à domicile.
Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d'un manuel. En savoir plus.
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