↑ Ce conseil fait partie du guide : Appareil piraté
- Aucun site web ne peut analyser votre ordinateur. Ce que vous voyez est une page, pas un diagnostic.
- Un vrai antivirus n'affiche jamais de numéro de téléphone, ni de compte à rebours.
- Rien ne s'est installé tant que vous n'avez rien téléchargé ni autorisé.
Comment se débarrasser d'une fausse alerte antivirus ?
Fermez l'onglet, et s'il refuse, fermez le navigateur entièrement par le gestionnaire des tâches. Aucun site web ne peut analyser votre ordinateur : cette page est un décor et le numéro affiché mène à un faux technicien. N'appelez jamais ce numéro et ne téléchargez rien. Refusez ensuite les notifications du site.
Ce que vous avez réellement devant les yeux
Une page web, rien d'autre. Elle affiche une image imitant une fenêtre de Windows ou une analyse antivirus, parfois accompagnée d'un son, d'une voix synthétique et d'une vibration sur téléphone. Certaines passent en plein écran et bloquent les boutons habituels : c'est une fonction normale des navigateurs, détournée.
Le contenu est toujours générique. Quand la page annonce « Windows Defender a détecté 5 menaces sur votre appareil » alors que vous êtes sur un Mac ou sur un téléphone, la démonstration est faite. Le numéro affiché, présenté comme le « support Microsoft », mène à un centre d'appels qui vous vendra une intervention inutile — c'est le mécanisme complet du faux support technique.
D'où vient-elle ? D'une publicité sur un site gratuit, d'un lien de téléchargement détourné, d'une extension de navigateur installée sans y prêter attention, ou d'un site de streaming. Dans la majorité des cas, votre machine est parfaitement saine.
Reconnaître une fausse alerte
Cinq marqueurs, et aucun ne demande de connaissance technique :
- Un numéro de téléphone. Le marqueur décisif : aucun éditeur n'affiche de numéro dans une alerte de sécurité.
- Un compte à rebours ou une menace de blocage définitif : la peur fabriquée.
- L'alerte apparaît dans le navigateur, avec la barre d'adresse visible autour. Une vraie alerte vient du système, pas d'une page web.
- Le produit ne correspond pas : alerte Windows sur un Mac, logo d'un antivirus que vous n'avez jamais installé.
- Le style : majuscules, fautes, traduction automatique, logos de mauvaise qualité.
Sur téléphone, le même procédé annonce « 3 virus détectés, votre batterie est endommagée » : là aussi, c'est de la publicité. Les détails sont dans mon téléphone Android est-il infecté et mon iPhone peut-il être piraté.
Fermer la page qui refuse de se fermer
La page peut bloquer la fermeture de l'onglet, réafficher une boîte de dialogue en boucle, ou empêcher le retour arrière. Rien de grave : il suffit de fermer le navigateur par le dessus.
- Windows : Ctrl + Maj + Échap ouvre le Gestionnaire des tâches ; sélectionnez le navigateur, puis « Fin de tâche ».
- Mac : Cmd + Option + Échap, puis « Forcer à quitter ».
- Téléphone : fermez l'application du navigateur depuis la liste des applications récentes.
- Au redémarrage du navigateur, refusez la restauration des onglets : sinon la page revient immédiatement. C'est l'erreur classique.
Si le plein écran gêne, la touche Échap ou F11 en sort d'abord. Et surtout : ne cliquez sur rien dans la page, pas même sur la croix de fermeture affichée dans l'image — elle fait partie du décor.
Si l'alerte revient à chaque ouverture
Quand la page réapparaît systématiquement, quelque chose la rappelle. Trois causes, dans cet ordre :
- La restauration des onglets : la page était ouverte à la fermeture. Fermez tous les onglets, puis quittez proprement le navigateur.
- Les notifications de site autorisées : un site a obtenu le droit d'envoyer des notifications, qui ressemblent à des alertes système. Retirez-le dans les paramètres de site du navigateur — c'est la cause la plus fréquente et la plus méconnue.
- Une extension installée en même temps qu'un logiciel gratuit : supprimez ce que vous n'avez pas choisi.
Vérifiez aussi la page d'accueil et le moteur de recherche par défaut : s'ils ont changé, il reste un indésirable à retirer. Le sujet complet est traité dans les publicités qui s'ouvrent toutes seules.
Quand le bandeau ne parle pas d'antivirus mais se présente au nom de la Gendarmerie nationale et réclame une amende, le mécanisme est le même et les gestes aussi : c'est détaillé dans la fiche sur un ordinateur bloqué par un faux message de la Gendarmerie.
Si vous avez appelé le numéro
- Coupez la connexion si la prise en main est en cours (Wi-Fi coupé ou câble débranché).
- Désinstallez le logiciel d'accès à distance qu'on vous a fait installer.
- Opposition sur la carte si vous avez payé, puis contestation écrite.
- Changez vos mots de passe depuis un autre appareil, en commençant par la messagerie et la banque.
- Faites vérifier la machine : pendant la prise en main, tout a pu être installé ou copié.
Si on vous a demandé d'acheter des cartes cadeaux ou de faire un virement « de remboursement », déposez plainte : c'est un scénario connu des services d'enquête. La suite pratique est décrite dans mon ordinateur a été piraté.
Vérifier qu'il ne reste rien
Si vous n'avez fait que fermer la page, il n'y a normalement rien à chercher. Par acquit de conscience, ou après un téléchargement, cinq contrôles suffisent :
- Les programmes installés, triés par date : un nom apparu le jour même mérite une recherche.
- Les extensions du navigateur : supprimez tout ce qui n'a pas été voulu.
- Les notifications autorisées dans les paramètres de site.
- Le dossier Téléchargements : supprimez le fichier récupéré depuis cette page, sans l'ouvrir.
- Une analyse complète avec la protection déjà installée — Windows Defender suffit.
Si la machine s'est mise à ramer ou à afficher des publicités depuis, le tri honnête entre infection et usure est dans mon PC est lent : virus ou usure.
Les faux logiciels de nettoyage
Variante plus insidieuse : au lieu d'un numéro à appeler, la page propose de télécharger un « nettoyeur ». Le programme s'installe vraiment, analyse votre machine pendant trente secondes, puis annonce des centaines de problèmes — clés de registre, fichiers temporaires, « menaces ». La correction, elle, est payante.
Comment les reconnaître :
- Le résultat est toujours alarmant, y compris sur un ordinateur neuf. C'est le test : un outil honnête trouve parfois zéro problème.
- Les « menaces » ne sont pas nommées précisément, ou désignent des fichiers parfaitement normaux.
- Le logiciel se relance à chaque démarrage et devient difficile à désinstaller.
- L'abonnement est reconduit automatiquement, souvent à un tarif bien supérieur au prix d'appel.
Que faire s'il est installé : désinstallez-le, vérifiez le démarrage automatique et les tâches planifiées, puis surveillez vos relevés bancaires — et faites opposition si un abonnement a été souscrit. Le tri entre vraie infection et machine simplement encombrée est dans mon PC est lent : virus ou usure. Sur Mac, ces faux nettoyeurs s'accompagnent presque toujours d'un profil de configuration qui reverrouille Safari : la marche à suivre est dans mon Mac a-t-il un virus.
À quoi ressemble une vraie alerte
Pour ne plus hésiter, autant savoir à quoi ressemble la vraie :
- Elle vient de l'antivirus installé sur la machine — celui que vous connaissez — et apparaît en bas à droite sur Windows, dans le centre de notifications sur Mac.
- Elle nomme un fichier et indique ce qui a été fait : mis en quarantaine, supprimé, bloqué.
- Elle ne demande rien d'urgent : pas de numéro, pas de paiement, pas de compte à rebours.
- Elle se retrouve dans l'historique de protection du logiciel : c'est le meilleur test. Une alerte qui n'y figure pas n'a jamais existé.
Éviter que cela recommence
Trois réglages font disparaître l'essentiel de ces pages :
- Un bloqueur de publicités sérieux, installé depuis le magasin officiel du navigateur. Il supprime le support même de ces fausses alertes.
- Refuser les notifications proposées par les sites : c'est la porte d'entrée la plus fréquente, et on la referme en un clic.
- Télécharger depuis le site officiel de l'éditeur, jamais depuis un agrégateur de téléchargement : c'est là que s'attrapent les extensions parasites.
Enfin, prévenez les proches moins à l'aise : ces pages visent en priorité ceux qui prendront le numéro au sérieux. Une phrase dite à l'avance — « aucun message d'ordinateur ne donne un numéro à appeler » — évite l'appel. Si un doute subsiste, le diagnostic au téléphone dure quinze minutes et ne coûte rien, et une assistance à distance commence à 19 € pour trente minutes.
Nettoyer le navigateur, navigateur par navigateur
Quand l'alerte revient à chaque ouverture, c'est le navigateur qu'il faut reprendre — pas la machine. Les manipulations, sous Windows comme sur macOS :
- Google Chrome : Paramètres → Confidentialité et sécurité → Paramètres des sites → Notifications. Retirez toutes les autorisations que vous ne reconnaissez pas — c'est par là que reviennent les fausses alertes. Puis Extensions, et enfin « Réinitialiser les paramètres », qui remet la page d'accueil et le moteur de recherche sans toucher à vos favoris.
- Mozilla Firefox : Paramètres → Vie privée et sécurité → Permissions → Notifications. Puis Modules complémentaires. La remise à zéro s'appelle ici « Réparer Firefox », dans la page d'informations de dépannage.
- Microsoft Edge : mêmes rubriques, même logique — Edge partage le moteur de Chrome, donc les extensions douteuses s'y installent de la même façon.
- Dans tous les cas : videz le cache et les données de site, et vérifiez la page de démarrage. Un raccourci du menu Démarrer ou du bureau peut aussi avoir été modifié pour ouvrir une adresse précise : clic droit sur le raccourci, Propriétés, et regardez ce qui suit le nom du programme dans la cible.
- Redémarrez, et assurez-vous d'être à la dernière version du navigateur : les mises à jour referment les failles qui permettent de bloquer une page.
Calmer les alertes de votre vrai antivirus
Autre situation, souvent confondue avec la précédente : c'est un antivirus réellement installé qui multiplie les messages, les bandeaux et parfois les alertes vocales. Ce n'est pas une infection, c'est du marketing.
- Dans les préférences du logiciel, cherchez la rubrique Notifications ou Alertes, et désactivez les offres promotionnelles, les rapports hebdomadaires et les sons. Chez Avast et AVG, c'est aussi là que se coupe l'alerte vocale.
- Si le produit est une version d'essai expirée, la désinstallation est la bonne réponse : il ne protège plus, mais il continue d'alerter. Passez par Paramètres → Applications, ou par l' utilitaire de suppression fourni par l'éditeur, plus fiable que la désinstallation ordinaire.
- Après désinstallation, vérifiez que la protection intégrée à Windows s'est bien réactivée : elle se met en veille tant qu'un autre antivirus est présent.
- N'installez pas deux antivirus : ils se gênent, ralentissent la machine et multiplient précisément les alertes que vous cherchez à faire taire.
Si la fausse alerte s'affiche sur votre propre site internet et pas sur un site inconnu, le problème n'est pas votre navigateur mais le serveur : voir mon site WordPress a été piraté.
Questions fréquentes
La page dit que mon ordinateur est infecté, comment être sûr que non ?
Ouvrez l'historique de protection de votre antivirus (Windows Defender par exemple) : une vraie détection y figure toujours, avec le nom du fichier. Si l'historique est vide, la page mentait.
J'ai cliqué sur « Analyser maintenant », est-ce grave ?
Non, tant que rien n'a été téléchargé puis ouvert. Ce bouton lance en général un téléchargement : supprimez le fichier sans l'exécuter, videz les données du site et fermez l'onglet.
Pourquoi le numéro affiché ressemble à un vrai numéro de support ?
Parce qu'il est choisi pour cela. Les éditeurs n'affichent jamais de numéro dans une alerte : si vous cherchez un support, passez par le site officiel de l'éditeur, en tapant vous-même son adresse. Le même numéro arrive aussi par une fausse facture d'abonnement antivirus, où il remplace carrément le lien à cliquer.
J'ai installé un logiciel de nettoyage vu dans une publicité, est-ce dangereux ?
Rarement destructeur, mais souvent inutile et payant par abonnement reconduit. Désinstallez-le, vérifiez le démarrage automatique et les tâches planifiées, et surveillez vos relevés bancaires.
L'alerte revient à chaque ouverture du navigateur ?
C'est une autorisation de notification, pas une infection. Dans Chrome ou Firefox, ouvrez les paramètres de notifications et retirez les sites que vous ne reconnaissez pas. Puis vérifiez les extensions et la page de démarrage.
Comment supprimer les alertes de mon antivirus ?
Dans ses préférences, rubrique Notifications : désactivez les offres promotionnelles, les rapports et les sons — c'est là que se coupe aussi l'alerte vocale d'Avast ou d'AVG. Si la version d'essai est expirée, désinstallez : elle ne protège plus mais continue d'alerter.
Faut-il installer un second antivirus ?
Non : deux antivirus se gênent, ralentissent la machine et multiplient les alertes que vous cherchez à faire taire. La protection intégrée à Windows suffit sur une machine familiale, à condition qu'aucun autre produit ne la mette en veille.
À lire aussi : le guide appareil piraté · l'arnaque au faux support technique · analyser un fichier téléchargé avant de l'ouvrir.
Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d'un manuel. En savoir plus.
Vous avez appelé le numéro affiché et laissé quelqu'un prendre la main ?
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