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Fiche pratique

Mon PC s'éteint tout seul : panne, surchauffe ou quelqu'un à distance ?

Un ordinateur qui s'arrête sans prévenir fait toujours penser au pire. Windows garde pourtant la trace écrite de chaque extinction, et un seul numéro dans ce journal sépare un arrêt demandé par un programme d'une simple coupure de courant. Vous saurez en cinq minutes de quel côté chercher.

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↑ Ce conseil fait partie du guide : Ordinateur et appareils piratés

Mon PC s'éteint tout seul, que faire ?

Ouvrez l'Observateur d'événements de Windows et lisez le journal Système. Un événement 1074 veut dire qu'un programme ou une personne a demandé l'arrêt, et il nomme le fichier responsable. Un événement 41 seul veut dire que rien ne l'a demandé : la cause est alors électrique, thermique ou matérielle.

  1. Ouvrir l'Observateur d'événements, journal Système
  2. Filtrer sur les codes 1074, 6006, 6008 et 41
  3. Noter l'heure exacte de trois extinctions
  4. Ouvrir le Planificateur de tâches si l'heure se répète
  5. Dépoussiérer et mesurer la température si aucun 1074

Le journal de Windows dit qui a éteint l'ordinateur

La première chose à faire ne coûte rien et prend cinq minutes. Windows écrit dans un journal chaque arrêt et chaque démarrage de la machine. Ce journal dit si l'extinction a été demandée — par un logiciel, une tâche ou une personne — ou subie. Tant que vous ne l'avez pas ouvert, tout le reste est de la devinette : changer le bloc d'alimentation, réinstaller, lancer un antivirus de plus, autant de gestes au hasard.

Illustration : un ordinateur qui s'arrête sans prévenir
Un seul code du journal de Windows, le 1074, sépare un arrêt demandé par un programme d'une coupure de courant.
  1. Touche Windows + R, tapez eventvwr.msc, puis Entrée.
  2. Dans la colonne de gauche : Journaux Windows → Système.
  3. Dans le volet de droite, cliquez sur Filtrer le journal actuel…
  4. Dans le champ Tous les ID d'événement, tapez 1074,6006,6008,41, puis OK.

Il ne reste alors qu'une poignée de lignes, une par arrêt. Quatre numéros suffisent à comprendre, et ce sont ceux-là que Microsoft documente :

CodeSourceCe que la ligne dit
1074User32Un programme ou un utilisateur a lancé l'arrêt. La ligne nomme le fichier et le compte
6006EventLogWindows s'est arrêté proprement, jusqu'au bout
6008EventLogL'arrêt précédent n'était pas prévu
41Kernel-PowerLa machine a redémarré sans s'être arrêtée : courant coupé, blocage, erreur d'arrêt
Les quatre codes du journal Système, avec leur source exacte.

La règle qui tranche, et que personne n'écrit : un 1074 à l'heure de l'extinction signifie que quelque chose l'a demandée, et le coupable est écrit noir sur blanc dans la ligne. La phrase ressemble à « Le processus shutdown.exe a lancé l'arrêt de l'ordinateur pour le compte de l'utilisateur… », avec un motif et un code de raison. À l'inverse, pas de 1074, pas de 6006, mais un 41 au même horodatage : rien ne l'a demandé, l'alimentation a lâché avant tout.

Cette bifurcation vaut tout le reste du dépannage : d'un côté le logiciel, le réglage ou l'intrusion ; de l'autre l'électricité ou la chaleur. Jamais les mêmes outils.

À retenir

Notez l'heure précise de trois extinctions avant de toucher à quoi que ce soit. Des minutes qui se ressemblent : cherchez une tâche programmée. N'importe quand, mais toujours en plein effort — jeu, visio, montage — : cherchez la chaleur ou le bloc d'alimentation. Le hasard pur n'existe presque jamais.

Arrêt demandé : les cinq coupables, dans l'ordre

Vous avez trouvé un 1074. Voici ce qui se cache derrière, du plus fréquent au plus rare.

1. Windows Update. Le fichier nommé est souvent svchost.exe. Mais une mise à jour redémarre la machine, elle ne l'éteint pas : si le PC revient tout seul sur l'écran de connexion, c'est la première piste. Réglez la fenêtre dans Paramètres → Windows Update → Options avancées → Heures d'activité. Repousser les correctifs n'est pas une solution : les mises à jour bouchent des failles réellement exploitées.

2. Une tâche planifiée. Ouvrez taskschd.msc, puis Bibliothèque du Planificateur de tâches. Regardez la colonne Déclencheurs et la colonne Actions : une tâche dont l'action est shutdown.exe avec l'argument /s éteint le PC. Un vieil utilitaire d'« extinction programmée » installé puis oublié, une application de limitation du temps d'écran, un outil de nettoyage douteux : tous passent par là.

3. Un raccourci ou un script. La commande shutdown -s -t 3600 lance un compte à rebours d'une heure. Pendant le décompte, Windows affiche un avertissement, et shutdown /a tapé dans l'invite de commandes l'annule. C'est la commande la plus utile de cette fiche : elle vous rend la main immédiatement, avant même d'avoir compris d'où vient l'ordre.

4. Une prise en main à distance. AnyDesk, TeamViewer, UltraViewer, Chrome Remote Desktop, l'Assistance rapide de Windows 11 : l'événement 1074 porte alors le nom de l'outil, ou shutdown.exe lancé sous votre propre compte. Dans la quasi-totalité des cas que je vois, l'accès avait été donné volontairement lors d'un appel — le faux support technique au téléphone reste le scénario numéro un. Si le curseur bouge aussi de son côté, le test du réseau coupé tranche en dix secondes.

5. La veille prise pour un arrêt. Vérifiez-le avant tout le reste : un ordinateur en veille a les ventilateurs coupés, un voyant qui respire, et une simple touche du clavier le réveille. Un ordinateur éteint exige un appui sur le bouton d'alimentation. Dans l'invite de commandes, powercfg /lastwake indique ce qui l'a réveillé la dernière fois, et powercfg /requests ce qui l'empêche de dormir. Les réglages sont dans Paramètres → Système → Alimentation. Et si la machine s'allume seule la nuit, ouvrez devmgmt.msc : dans les propriétés de chaque périphérique, l'onglet Gestion de l'alimentation porte la case qui l'autorise à réveiller l'ordinateur.

Le test qui met le système d'exploitation hors de cause. Redémarrez en mode sans échec : Menu Démarrer → Paramètres → Système → Récupération → Démarrage avancé, puis Dépannage → Options avancées → Paramètres et la touche 4. Sous Windows, ce mode ne charge ni les pilotes de périphériques tiers, ni les programmes lancés au démarrage, ni les tâches. La machine tient deux heures alors qu'elle coupait en dix minutes ? La cause est logicielle, et il reste à désinstaller le coupable depuis Paramètres → Applications, ou depuis le Panneau de configuration sur les ordinateurs plus anciens. Si tout a commencé après une installation récente, la restauration du système (rstrui.exe) ramène pilotes et réglages à une date antérieure sans toucher à vos documents.

À ne pas faire

Ne réinstallez pas Windows tant que vous n'avez pas lu le journal. Si la cause est la poussière, la batterie ou le bloc d'alimentation, la réinstallation ne change rien — et vous aurez perdu vos fichiers pour le plaisir. Avant toute opération lourde, copiez vos documents sur un disque externe. Le disque d'une machine qui coupe brutalement s'abîme vite : c'est la vraie urgence.

Quand l'ordinateur s'éteint toujours à la même heure

C'est le cas le plus simple à résoudre, et le plus mal traité ailleurs. Un composant qui chauffe coupe après un certain temps d'usage : dix minutes de jeu, une heure de visio. Il ne coupe jamais à 22 h 05 pile, trois soirs de suite. Une extinction à la minute près est programmée, point.

  • Ouvrez taskschd.msc et parcourez la Bibliothèque du Planificateur. Triez sur Déclencheurs : vous cherchez une ligne du type « À 22:00 tous les jours ».
  • Clic droit sur la tâche fautive → Désactiver, jamais Supprimer. On peut revenir en arrière, et la tâche reste consultable si un constat écrit devient nécessaire. Sur les ordinateurs partagés, dépliez aussi les dossiers de la bibliothèque manuellement : une tâche créée sous un autre compte ne remonte pas toute seule.
  • Le contrôle parental de Microsoft Family verrouille la session à l'heure dite, il n'éteint pas la machine. Si l'écran revient simplement à la page de connexion, c'est lui, et le réglage se change depuis le compte du parent.
  • Une mise en veille programmée produit le même effet apparent. Elle se règle dans Paramètres → Système → Alimentation → Écran et veille.

Reste un cas que personne n'envisage et que je rencontre pourtant deux ou trois fois par an : la prise programmable. Une minuterie achetée pour la lampe du salon, une multiprise à interrupteur horaire, ou un délesteur sur le tableau électrique qui coupe un circuit aux heures pleines. Le journal le signe sans ambiguïté : un 41 seul, sans 1074, toujours à la même minute. C'est la seule situation où une heure fixe accuse le courant et non un logiciel.

Coupure brutale : chaleur, courant, mémoire

Aucun 1074, un 41 à chaque fois : trois pistes, dans cet ordre de fréquence.

La chaleur. C'est de loin la première cause sur une machine de plus de trois ans. La poussière colmate le radiateur, le ventilateur brasse dans le vide, le processeur se coupe pour ne pas griller. Les signes : la coupure arrive plus vite en jeu, en visio ou en montage ; plus vite en été ; le ventilateur monte en régime puis c'est le silence net ; le dessous du portable est brûlant. Le contrôle gratuit et honnête se fait hors de Windows : entrez dans le BIOS ou l'UEFI (touche F2, F10 ou Suppr selon la marque, tapée dès l'allumage) et lisez la page de surveillance matérielle. Aucun logiciel ne peut y fausser la mesure. Le seuil de coupure dépend du modèle de processeur ; il est publié par le fabricant sous le nom de température maximale de jonction.

Le geste qui règle la moitié des cas : dépoussiérer. Bombe d'air sec, pales du ventilateur bloquées avec le doigt pendant qu'on souffle — sinon il s'emballe et le roulement se fatigue. Pour un ordinateur portable, surélevez-le : posé sur une couette ou sur un lit, les grilles d'aération du dessous sont bouchées, et la coupure arrive en vingt minutes.

Le courant. Un bloc d'alimentation fatigué tient au repos et lâche dès que la carte graphique réclame sa part. Testez une autre prise murale, sans multiprise ni rallonge, et si vous en avez un, un onduleur. Sur un portable, une batterie en fin de vie associée à un chargeur qui n'est pas d'origine produit exactement ce symptôme : la machine coupe dès qu'on débranche, ou à la moindre pointe de consommation.

La mémoire et les pilotes. Lancez le diagnostic intégré avec mdsched.exe : il redémarre le PC et teste la mémoire avant Windows. Puis regardez l'onglet Détails de votre événement 41 : s'il contient un BugcheckCode différent de zéro, un écran bleu est passé trop vite pour être lu, et la cause est un pilote. Décochez Redémarrer automatiquement dans Paramètres système avancés → Démarrage et récupération : le message s'affichera et restera à l'écran.

Le test de la clé USB. Il va plus loin que le mode sans échec, et presque aucun tutoriel ne le propose. Démarrez sur une clé USB d'installation de Microsoft Windows, ou sur un Linux « live » : au boot, la touche F12 ou Échap selon la marque permet de démarrer sur autre chose que le disque interne. Votre système d'exploitation n'est alors plus chargé du tout. Si l'ordi coupe quand même au bout du même délai, la question est tranchée : ni virus, ni tâche, ni pilote, une pièce chauffe ou lâche. C'est le test qui évite les réinstallations inutiles.

Le seul cas où le piratage est vraiment en cause

Il existe, mais pas là où on l'imagine. Un programme de minage de cryptomonnaie installé à votre insu fait tourner le processeur et la carte graphique à pleine charge en permanence. Sur une machine déjà encrassée, ce surcroît suffit à déclencher la coupure thermique. Le symptôme est reconnaissable : ventilateurs à fond alors que rien n'est ouvert, boîtier chaud au réveil, et extinction dès qu'on lance quoi que ce soit d'un peu lourd.

  • Ctrl + Maj + Échap ouvre le Gestionnaire des tâches. Onglet Performances : regardez l'UC et le GPU alors qu'aucune fenêtre n'est ouverte.
  • Onglet Détails, cliquez sur la colonne UC pour trier. Le fautif est en haut.
  • Faux positifs connus, à ne pas confondre : MsMpEng.exe (l'analyse de Microsoft Defender), TiWorker.exe (l'installation des mises à jour) et SearchIndexer.exe. Ils montent haut, mais ils redescendent, et leur nom est connu.
  • Un exécutable au nom improbable qui tient 70 % pendant des heures, lui, n'a rien à faire là.

Dans ce cas, lancez une analyse hors ligne : Sécurité Windows → Protection contre les virus et menaces → Options d'analyse → Analyse hors ligne de Microsoft Defender. Elle redémarre le PC et travaille avant le chargement de Windows, là où le programme ne peut plus se cacher ni se relancer. Comptez un quart d'heure. Si les publicités se sont aussi invitées dans le navigateur, le nettoyage des extensions se fait en parallèle, et la marche à suivre après une intrusion reprend tout dans l'ordre. Une machine simplement fatiguée ne coupe pas : elle rame, et la lenteur se diagnostique autrement.

Personne ne peut éteindre votre ordinateur « depuis internet » : il faut un outil de prise en main déjà installé et déjà autorisé. Au moindre doute, la liste des programmes qui surveillent un poste dit quoi chercher.

Ce qui ne sert à rien

  • Réinstaller Windows avant d'avoir lu le journal. Sur une cause matérielle, le problème revient à l'identique sur le système tout neuf. La réinstallation a son utilité, mais après le diagnostic, pas avant : restaurer à une date antérieure coûte dix minutes, réinstaller coûte une journée.
  • Enchaîner les analyses quand le journal ne montre que des 41 porteurs d'un code d'erreur d'arrêt. Aucun antivirus ne répare un condensateur ni un pilote.
  • Acheter un « optimiseur », un « réparateur de registre » ou un « booster ». Ils ne touchent ni à la température, ni au bloc d'alimentation, ni à une tâche planifiée. Defender suffit dans la plupart des situations.
  • Changer la pile du BIOS. Vide, elle fait perdre l'heure et les réglages ; elle n'éteint pas une machine allumée.
  • Désactiver la veille « pour que ça n'arrive plus ». On masque le symptôme et on perd la seule régularité qui aurait permis de comprendre.
  • Rappeler le numéro affiché par une fenêtre d'alerte. Une page qui annonce une panne et donne un numéro est une fausse alerte antivirus, jamais un diagnostic.

Questions fréquentes

Mon PC s'éteint tout seul quand je joue, est-ce un virus ?

Presque jamais. Un jeu pousse le processeur et la carte graphique à leur maximum : c'est le moment où la chaleur et l'appel de courant sont les plus forts. Si l'extinction n'arrive qu'en charge et jamais au repos, commencez par la poussière et par le bloc d'alimentation. Vérifiez quand même l'UC au repos : un programme de minage se trahit là.

Il s'éteint puis se rallume tout seul, est-ce la même chose ?

Non, c'est un redémarrage, et c'est plutôt bon signe. Deux causes couvrent la quasi-totalité des cas : une mise à jour de Windows (événement 1074 avec svchost.exe), ou un écran bleu suivi du redémarrage automatique (événement 41 avec un BugcheckCode). Le journal les distingue en un coup d'œil.

L'événement 1074 nomme svchost.exe, qu'est-ce que ça veut dire ?

C'est le processus hôte des services de Windows : il sert de façade à des dizaines de fonctions, dont les mises à jour. Sa présence n'est donc pas un signe d'intrusion. Lisez le motif indiqué sur la même ligne, puis comparez l'heure avec l'historique de Windows Update : la correspondance est en général immédiate.

Mon ordinateur portable s'éteint dès que je le débranche

C'est la batterie, pas un piratage. Une cellule usée n'a plus la capacité de prendre le relais : la coupure est instantanée, sans avertissement de batterie faible. Un chargeur générique sous-dimensionné donne le même résultat. Regardez l'état dans Paramètres → Système → Alimentation et batterie.

Quelqu'un peut-il éteindre mon PC à distance ?

Seulement si un outil de prise en main est installé et autorisé, ou si vous êtes sur le réseau d'une entreprise qui administre les postes. Depuis internet, sans rien sur la machine, non. Ouvrez la liste des applications installées et cherchez AnyDesk, TeamViewer, UltraViewer ou RustDesk : ce que vous n'avez pas installé vous-même se désinstalle.

Mon Mac s'éteint tout seul, où regarder ?

Les causes matérielles sont identiques : poussière, batterie, chargeur. Le journal se lit dans l'application Console (Applications → Utilitaires), rubrique Rapports système. Un Mac n'est pas à l'abri d'un programme indésirable pour autant : les cinq vérifications qui tranchent valent aussi ici.

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EA

Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone et sur l'établi, pas d'un manuel. En savoir plus.

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Le journal ne montre aucun 1074 ?

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