Ma souris bouge toute seule : panne ou quelqu'un à distance ?
Le curseur part seul vers un bord de l'écran, ouvre parfois une fenêtre, et la première idée qui vient est que quelqu'un est entré dans votre ordinateur. Trois tests gratuits, en moins de deux minutes, disent de quel côté chercher : le matériel, ou une prise en main à distance.
↑ Ce conseil fait partie du guide : Ordinateur et appareils piratés
Ma souris bouge toute seule, que faire ?
Débranchez la souris et regardez l'écran dix secondes. Si le curseur continue de se déplacer, la souris n'est pas en cause : coupez alors le Wi-Fi et le câble réseau. Un curseur qui se fige net à la coupure signale une prise en main à distance ; un curseur qui continue est une panne matérielle.
- Débrancher la souris, observer dix secondes
- Couper le Wi-Fi et le câble réseau
- Chercher AnyDesk ou TeamViewer dans les programmes
- Lire le journal des connexions entrantes
- Changer ses mots de passe depuis un autre appareil
Les trois tests qui tranchent en deux minutes
On élimine avant de chercher. Ces trois tests ne coûtent rien et se font dans cet ordre : la souris, puis le réseau, puis la manière de bouger.
Test 1 — débrancher le périphérique de pointage. Retirez le récepteur USB de la souris sans fil, ou éteignez-la par l'interrupteur du dessous. Pour une souris Bluetooth, coupez le Bluetooth. Sur un ordinateur portable, désactivez aussi le pavé tactile : la touche Fn marquée d'un rectangle barré, ou Démarrer → Paramètres → Bluetooth et appareils → Pavé tactile, où vous cliquez sur l'interrupteur pour le mettre sur Désactivé. Puis regardez l'écran dix secondes sans rien toucher. Le curseur s'immobilise : c'est l'appareil retiré. Il continue alors que plus rien n'est branché : ce n'est plus la souris.
Test 2 — couper le réseau. Mode avion, câble Ethernet débranché, ou Wi-Fi coupé depuis l'icône de la barre des tâches. Une prise en main à distance meurt avec la connexion : le curseur se fige en pleine trajectoire, en moins d'une seconde, et le logiciel de contrôle affiche parfois une erreur de session. La panne matérielle, elle, se moque du réseau. C'est le test décisif, et personne ne l'écrit : dix secondes, aucun logiciel, et la question qui vous inquiète est réglée.
Test 3 — regarder comment il bouge, pas seulement qu'il bouge. Les deux mouvements n'ont rien à voir, et la différence se voit à l'œil nu.
| Ce que vous observez | Quelqu'un à distance | Panne matérielle |
|---|---|---|
| Trajectoire | Lignes droites, par petits sauts | Dérive lente et continue |
| Arrêts | Net, pile sur un bouton | Jamais, glissement vers un bord |
| Clics | Oui, menus et fenêtres s'ouvrent | Aucun, ou un clic isolé |
| Au clavier | Du texte apparaît dans les champs | Rien ne s'écrit |
| Réseau coupé | S'arrête immédiatement | Continue sans changement |
« Mon curseur se déplace tout seul », « la flèche part à droite de l'écran », « le pointeur bouge sans que je touche la souris » : même chose, trois façons de la dire. Notez surtout à quel moment. Quand l'ordi s'allume seulement : périphérique mal reconnu. Pendant la frappe : le pavé tactile. En permanence, y compris sur l'écran de connexion : le curseur échappe à tout programme installé, et le matériel redevient la première piste.
Un curseur qui glisse sans jamais cliquer, sans ouvrir de menu et sans écrire une lettre est presque toujours une affaire de capteur, de pile ou de pavé tactile. La prise en main à distance, elle, agit — et s'arrête net quand le réseau tombe.
À quoi ressemble vraiment une prise en main à distance
Un point surprend tout le monde, et il élimine la moitié des peurs. Quand quelqu'un se connecte à un PC par le Bureau à distance de Windows, vous ne voyez rien bouger : votre session se verrouille et l'écran revient à la page de connexion. Un curseur qui se promène sous vos yeux n'est donc jamais du Bureau à distance. C'est un outil de partage d'écran — AnyDesk, TeamViewer, UltraViewer, RustDesk, Supremo, l'Assistance rapide de Windows 11, Chrome Remote Desktop. Et tous laissent une marque à l'écran.
- AnyDesk : un liseré autour de l'écran et une fenêtre de session affichant l'identifiant à neuf chiffres du visiteur.
- TeamViewer : un panneau en bas à droite, avec le nom de la session et un bouton pour la fermer.
- Assistance rapide : une barre en haut de l'écran et un bouton Quitter. Elle ne démarre qu'après un code à six chiffres tapé par vous.
- Chrome Remote Desktop : un bandeau « Votre bureau est actuellement partagé » avec un bouton Arrêter le partage.
- VNC (UltraVNC, TightVNC) : rien à l'écran, mais une icône dans la zone de notification, près de l'horloge.
Le déplacement se lit aussi : lignes droites, arrêt pile sur un bouton, texte tapé dans un champ, et de petits sauts de quelques pixels — l'image circule par le réseau image par image.
Le logiciel espion installé à votre insu, lui, n'affiche rien — mais il ne bouge pas votre curseur sous vos yeux : tout son intérêt est de rester discret. Un écran qui s'anime veut dire que la personne agit maintenant, le plus souvent au téléphone avec vous : c'est le scénario du faux support technique.
Les traces écrites sur le disque
Une prise en main laisse des lignes écrites. Elles survivent au redémarrage et datent la connexion à la minute. Quatre endroits à ouvrir, du plus simple au plus technique.
- Le journal du logiciel de contrôle. TeamViewer écrit chaque connexion entrante
dans
Connections_incoming.txt, dans son dossier d'installation (C:\Program Files (x86)\TeamViewer\) : une ligne par session, avec l'identifiant du visiteur et les heures. AnyDesk fait de même dansC:\ProgramData\AnyDesk\ad_svc.traceet%APPDATA%\AnyDesk\ad.trace. - Le Gestionnaire des tâches (Ctrl + Maj + Échap), onglet
Détails, trié par nom :
AnyDesk.exe,TeamViewer.exe,UltraViewer_Desktop.exe,rustdesk.exe,QuickAssist.exe,msra.exe,winvnc.exe. Aucun ne tourne d'origine sur un ordi neuf. - La liste des applications installées. Paramètres → Applications → Applications installées, puis tri par date d'installation. Un outil apparu le jour exact d'un appel téléphonique se passe de commentaire.
- L'Observateur d'événements. Raccourci Windows + R, tapez
eventvwr.msc. Journaux Windows → Sécurité, puis Filtrer sur l'identifiant 4624 : une ligne dont le « Type d'ouverture de session » vaut 10 est une connexion à distance. Dans Journaux des applications et des services → Microsoft → Windows → TerminalServices-RemoteConnectionManager → Operational, l'événement 1149 donne le nom d'utilisateur et l'adresse IP.
Vérifiez aussi le réglage : Paramètres → Système → Bureau à distance, qui doit être sur Désactivé. Sur une édition Famille de Microsoft Windows, la fonction n'existe pas en réception : trouvée active, c'est qu'un programme tiers l'a ajoutée. Même réflexe pour le navigateur, où un bandeau « géré par votre organisation » trahit des règles posées sans vous.
Éliminer Windows : le BIOS, puis la clé USB
Les tutoriels de dépannage s'arrêtent tous au capteur sale et aux piles faibles. Il existe pourtant un test qui sépare le matériel du logiciel une fois pour toutes, et il suffit d'allumer l'ordi.
Le BIOS. Quand la machine s'allume, avant que Windows ne démarre, appuyez sur la touche indiquée une seconde en bas de l'écran : Suppr, F2 ou F10 selon la marque. Vous entrez dans le BIOS (l'UEFI, sur les machines récentes), c'est-à-dire le programme de la carte mère : aucun pilote, aucune application, aucun réseau. Si le curseur dérive encore là, la cause est forcément physique — et tout ce que vous feriez ensuite sous Windows serait du temps perdu. S'il est parfaitement stable, c'est un bug de pilote ou un programme, et cela se règle sans tournevis.
La clé USB. Le second étage du même test, quand le BIOS ne tranche pas : démarrez sur une clé-USB Ubuntu en session d'essai, sans rien installer. Au boot, choisissez Try Ubuntu : vous obtenez un système complet qui ignore vos réglages, vos pilotes et vos programmes. Curseur stable sous Ubuntu mais instable sous Windows : c'est bien l'installation qui est en cause, pas la souris. Instable dans les deux : c'est le matériel, et la question de l'intrusion est close.
Ce couple BIOS + clé USB est ce que fait un technicien avant de facturer. Dix minutes, rien de modifié, et plus de réinstallation faite au jugé.
Les causes matérielles, dans l'ordre où on les vérifie
Le curseur bouge encore, réseau coupé ? Voici l'ordre réel, du plus fréquent au plus rare, celui dans lequel je les vérifie au comptoir.
- La surface. Le capteur optique lit un relief. Un plan de travail brillant, une vitre, un tapis usé : il perd sa référence et invente du déplacement. Une feuille de papier glissée dessous tranche en cinq secondes.
- Le capteur encrassé. Un cheveu collé devant la lentille suffit à faire sauter le pointeur. Souffler, passer un coton-tige sec.
- La pile. Une souris sans fil à bout de pile saute avant de mourir. Changez-la avant tout diagnostic compliqué : c'est la cause la moins chère.
- Le récepteur dans un port USB 3. Les ports bleus rayonnent dans la bande des 2,4 GHz, celle qu'utilise le récepteur de la souris. Déplacez-le vers un port USB 2 (noir), ou ajoutez une rallonge de vingt centimètres. Cause classique, presque jamais citée.
- Le pavé tactile. Sur un portable, la paume ou la manche l'effleure pendant la frappe. Cliquez sur Paramètres → Bluetooth et appareils → Pavé tactile, réglez la Sensibilité sur Faible, puis décochez, dans le même écran, Laisser le pavé tactile activé lorsqu'une souris est connectée.
- La batterie gonflée. Sur un portable de plus de quatre ans, un accumulateur qui gonfle pousse le pavé tactile par en dessous : le curseur tremble, clique seul, et le châssis ne ferme plus à plat. Ce n'est pas un défaut de confort : une batterie déformée se remplace, et on ne la recharge plus en attendant.
- Une manette branchée. Un joystick usé dérive, et avec Steam ouvert cette dérive pilote le pointeur de Windows. Débranchez-la, ou fermez Steam.
- Un second appareil oublié. Une souris sans fil au fond d'un sac posé sur le bureau, une télécommande de présentation, une tablette graphique dont le stylet traîne : chacun envoie de vrais mouvements.
- Le pilote. En dernier seulement. Raccourci Windows + X, puis Gestionnaire de périphériques : dépliez Souris et autres périphériques de pointage, faites un clic droit sur la ligne concernée et cliquez sur Désinstaller l'appareil. Redémarrez : Windows le remet seul. Sinon, réinstallez-le manuellement depuis le site du constructeur.
Sous Windows, les réglages de la souris vivent encore à deux endroits, et le plus ancien est
souvent le plus utile : raccourci Windows + R, tapez main.cpl, Entrée.
Vous ouvrez les Propriétés de la souris du Panneau de configuration.
Cliquez sur l'onglet Options du pointeur et décochez Améliorer la précision du
pointeur : cette accélération amplifie la moindre dérive du capteur et fait passer un
petit défaut pour une grosse panne. Les onglets voisins donnent la vitesse du double-clic et,
sur beaucoup de portables, le réglage du constructeur (Synaptics, Elan) absent de la page
Paramètres.
Si le pointeur ne saute qu'au moment où vous tapez, arrêtez-vous au pavé tactile. Si la machine rame en plus, la question n'est plus la même : voyez un PC lent, virus ou vieillesse.
Si quelqu'un est bien connecté : la première heure
Le réseau coupé a figé le curseur, ou vous avez trouvé un outil de prise en main que vous n'avez pas installé. Dans l'ordre :
- Laissez le réseau coupé. Ne réinstallez rien tout de suite : hors ligne, la machine ne peut plus rien envoyer.
- Photographiez l'écran avec votre téléphone, et notez l'heure. Ces images servent au dépôt de plainte.
- Changez vos mots de passe depuis un autre appareil — téléphone, tablette, ordi d'un proche. La boîte mail d'abord, puisqu'elle réinitialise tout le reste, puis la banque et les comptes marchands. Activez la double authentification dans la foulée. Jamais depuis la machine suspecte : ce que vous y tapez est lisible en direct. Le détail est dans la fiche mot de passe volé.
- Coupez la porte de service, le point que tout le monde oublie : Accès non surveillé dans AnyDesk, mot de passe personnel dans TeamViewer. Posé en trois clics pendant la session, il permet de revenir sans rien vous demander. Désinstallez le logiciel, puis relisez la liste des applications installées.
- Si de l'argent est en jeu — numéro de carte dicté, code SMS répété, accès bancaire ouvert pendant l'appel — faites opposition auprès de la banque, puis déclarez la fraude sur Perceval.
- Signalez et déposez plainte : cybermalveillance.gouv.fr, 17Cyber, puis commissariat ou gendarmerie, avec vos photos.
- Nettoyez ensuite, pas avant. Un nettoyage complet se fait une fois les comptes repris.
Ne rappelez jamais le numéro affiché, et ne laissez personne « terminer la réparation ». C'est ce qu'attend un faux technicien : la deuxième session sert à poser l'accès permanent, ou à faire ouvrir l'application bancaire. Raccrochez, coupez le réseau, reprenez la main à froid.
Ce qui ne sert à rien
- Racheter une souris avant le test du débranchement : une fois sur deux, le curseur bouge encore avec la neuve.
- Réinstaller Windows au premier doute. C'est long, ça efface vos données sans sauvegarde, et ça ne répond pas à la question : faites d'abord le test du BIOS. La réinstallation après piratage a ses cas, un curseur qui dérive n'en est pas un.
- Masquer la webcam, débrancher l'écran, couper le son. La session continue sans vous : la personne voit votre écran, pas votre visage.
- Enchaîner quatre antivirus. Ils se gênent, et aucun ne signale un outil de prise en main installé volontairement : ce n'est pas un virus, c'est un logiciel légitime détourné. Votre antivirus habituel suffit, et la fausse alerte antivirus explique la fenêtre qui vous en réclame un autre.
- Acheter un VPN. Il chiffre le trajet, il ne ferme pas une porte ouverte sur votre machine : les trois cas où un VPN sert vraiment ne comprennent pas celui-ci.
Questions fréquentes
Le curseur bouge mais ne clique jamais, est-ce grave ?
Non, dans la quasi-totalité des cas. Une personne connectée à distance vient faire quelque chose : elle ouvre des fenêtres, saisit du texte, lance un programme. Un pointeur qui glisse sans agir décrit un capteur, une pile ou un pavé tactile. Faites quand même le test du réseau, puis celui du BIOS.
Ma souris bouge toute seule sur Mac, est-ce la même chose ?
Les causes matérielles sont identiques. Le contrôle à distance se vérifie ailleurs : cliquez sur le menu Pomme, Réglages Système → Général → Partage, où Partage d'écran et Gestion à distance doivent être désactivés. Sur les Mac OS antérieurs à Ventura, le même panneau s'appelle Préférences Système : le nom a changé avec macOS 13, pas le réglage, qui existe à l'identique depuis OS X. Quand une session est active, une icône dédiée apparaît dans la barre de menus, en haut à droite. Pour le trackpad, ouvrez Préférences puis Trackpad et baissez la vitesse du suivi.
Peut-on prendre la main sans que je l'aie autorisé ?
Pas avec les outils courants : AnyDesk, TeamViewer et l'Assistance rapide réclament un code ou une acceptation. Le piège est ailleurs — l'autorisation a été donnée une fois, au téléphone, et l'accès permanent coché dans la foulée. C'est cette case qu'il faut chercher, pas une faille mystérieuse.
Le curseur saute seulement quand je tape
C'est le pavé tactile qui capte la paume. Réglez la sensibilité sur Faible et décochez Laisser le pavé tactile activé lorsqu'une souris est connectée. Sur beaucoup de portables, une touche Fn le coupe directement.
Faut-il éteindre l'ordinateur tout de suite ?
Coupez d'abord le réseau : immédiat et suffisant. Éteindre n'est utile que si le Wi-Fi résiste, car l'arrêt brutal efface ce qui s'affichait, donc vos preuves. Photographiez, coupez, éteignez ensuite si vous préférez.
Windows a-t-il un outil de prise en main d'origine ?
Oui : l'Assistance rapide, fournie avec Windows 11. Sa présence dans le menu Démarrer n'est donc pas un signe d'intrusion. Elle exige un code à six chiffres que le dépanneur dicte et que vous tapez vous-même : sans cette saisie, aucune session ne démarre.
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Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d'un manuel. En savoir plus.
Le curseur bouge encore, réseau coupé ?
Diagnostic gratuit au téléphone, 15 minutes : on fait les tests en direct. Ensuite, assistance à distance dès 19 € pour 30 minutes, ou nettoyage dès 39 € si un outil de contrôle a été installé.
- Diagnostic gratuit
- Sans engagement
- Le Mans, Sarthe et à distance