↑ Ce conseil fait partie du guide : Ordinateur et appareils
- La preuve est dans la box : la liste des appareils connectés s'affiche depuis son interface, sans rien installer.
- Une connexion lente n'est presque jamais un voisin : c'est d'abord la distance, les murs et la saturation des canaux.
- Le geste utile : changer la clé et désactiver le WPS. Tout le reste est secondaire.
- Masquer le nom du réseau et filtrer les adresses MAC ne protègent pas : les deux se contournent en quelques minutes.
Comment savoir si quelqu'un utilise mon wifi ?
Ouvrez l'interface de votre box depuis un navigateur, puis la rubrique des appareils connectés : elle liste tout ce qui utilise la ligne, en Wi-Fi comme en câble. Comparez avec vos propres appareils, en comptant les objets oubliés comme la télévision ou l'imprimante. Un inconnu ? Changez la clé Wi-Fi.
Lire la liste des appareils, box par box
Aucun logiciel à installer : tout est dans la box, et l'accès se fait depuis un navigateur, sur un appareil connecté au réseau.
- Livebox (Orange, Sosh) : 192.168.1.1 ou livebox dans la barre d'adresse, puis « Mes équipements connectés ». Le mot de passe par défaut est constitué des premiers caractères de la clé de sécurité, imprimée sous la box.
- Freebox : mafreebox.freebox.fr, puis « Périphériques réseau ». L'accès complet demande le mot de passe défini à l'installation, ou une validation sur l'écran du boîtier.
- Bbox (Bouygues) : 192.168.1.254 ou mabbox.bytel.fr, rubrique « Appareils connectés ».
- SFR et RED : 192.168.1.1, puis « Réseau » ou « Équipements ».
Si aucune de ces adresses ne répond, l'application mobile de l'opérateur affiche la même liste, souvent plus lisiblement. Notez que cette liste montre parfois les appareils connectés récemment et pas seulement à l'instant : un téléphone d'invité vu la semaine dernière peut encore y figurer.
Reconnaître vos propres appareils
C'est ici que l'inquiétude naît, et le plus souvent pour rien : une maison ordinaire compte bien plus d'appareils connectés qu'on ne l'imagine. Faites le compte avant de conclure :
- les téléphones et tablettes de chaque personne, y compris un ancien modèle laissé branché ;
- les ordinateurs, la télévision connectée, une box TV, une console de jeu ;
- l'imprimante en Wi-Fi, un assistant vocal, une enceinte ;
- le thermostat, le robot aspirateur, les ampoules connectées, une caméra, une montre ;
- le téléphone d'un enfant qui a invité un camarade le mois dernier.
Les noms affichés sont trompeurs. Beaucoup d'appareils apparaissent sous une référence technique (ESP-A41F2C, android-8f2b…) ou sous une adresse matérielle, dite adresse MAC, de la forme A4:83:E7:12:9C:04. Les trois premiers groupes identifient le fabricant : recherchez-les sur Internet, et le mystérieux inconnu se révèle souvent être votre imprimante.
Attention aussi à une confusion fréquente : les téléphones récents utilisent par défaut une adresse aléatoire pour chaque réseau. Le même téléphone peut donc apparaître sous deux entrées différentes après une mise à jour.
La lenteur n'est presque jamais un intrus
C'est le motif d'inquiétude numéro un, et c'est presque toujours une fausse piste. Avant de soupçonner le voisin, éliminez les trois causes ordinaires :
- La distance et les murs. Un mur porteur, une cloison avec isolant métallisé ou un miroir coupent le signal bien plus qu'on ne croit. Testez au pied de la box : si tout va bien là, le problème est la couverture, pas la ligne.
- La saturation des canaux en immeuble : quinze box sur la même fréquence se gênent mutuellement. La bande 5 GHz est moins encombrée et porte moins loin ; la 2,4 GHz traverse mieux mais est bondée.
- Un appareil qui télécharge sans le dire : mise à jour de console, sauvegarde photo, téléchargement d'un film. La liste des appareils connectés affiche souvent le débit consommé par chacun.
Si la lenteur est générale, y compris en câble Ethernet, le Wi-Fi n'y est pour rien : c'est la ligne. Et si c'est l'ordinateur seul qui rame, la question est ailleurs : virus ou vieillesse fait le tri.
Ce qu'un intrus peut réellement faire
Supposons maintenant que quelqu'un soit bien connecté sans votre accord. Ce que cela implique, sans dramatiser ni minimiser :
- Il consomme votre débit — le désagrément le plus visible, et souvent le seul.
- Il navigue depuis votre adresse IP. Ce qu'il fait en ligne est rattaché à votre abonnement. C'est la vraie raison de ne pas laisser un réseau ouvert.
- Il voit les appareils partagés : dossiers partagés d'un ordinateur, disque réseau, imprimante, caméras. Un NAS accessible sans mot de passe est lisible par tout le réseau.
- Il peut atteindre l'interface de la box si son mot de passe est resté celui d'origine.
En revanche, être sur le même Wi-Fi ne donne pas accès à vos comptes en ligne : les sites et applications sont chiffrés de bout en bout. Un voisin sur votre réseau ne lit pas vos mails et ne voit pas vos mots de passe. Le risque réel est celui des partages locaux et de l'usage de votre ligne.
Les gestes qui servent vraiment
Quatre réglages, tous dans l'interface de la box, et ils suffisent :
- Changer la clé Wi-Fi par une phrase longue : quatre ou cinq mots sans rapport valent mieux qu'un mot compliqué de huit caractères. Cela déconnecte tout le monde, c'est le but.
- Désactiver le WPS, ce bouton qui associe un appareil sans mot de passe. C'est le seul vrai trou des box grand public : son code à huit chiffres se devine bien plus vite qu'une clé, et il reste souvent actif par défaut.
- Vérifier le chiffrement : WPA2 au minimum, WPA3 si la box le propose. Si « WEP » apparaît encore quelque part, changez-le immédiatement : il se casse en quelques minutes.
- Changer le mot de passe d'administration de la box s'il est resté celui imprimé dessous, et activer le réseau invité pour les visiteurs : il donne Internet sans donner accès aux appareils de la maison.
Profitez-en pour appliquer le même principe aux objets connectés, caméras en tête : mot de passe d'usine changé, accès distant coupé s'il ne sert pas, mises à jour activées.
Ce qui ne sert à rien
Trois conseils circulent depuis vingt ans et donnent surtout un faux sentiment de sécurité :
- Masquer le nom du réseau (SSID). Le réseau reste détectable : il émet toujours, et les appareils qui s'y connectent le nomment à voix haute. En prime, cela complique la connexion de vos propres appareils.
- Filtrer les adresses MAC. Ces adresses circulent en clair et se copient ; le filtrage écarte le curieux, pas celui qui sait faire. Il vous coûtera surtout un réglage à refaire à chaque nouvel appareil.
- Réduire la puissance d'émission pour « ne pas dépasser les murs » : vous dégraderez votre propre couverture bien avant celle de quelqu'un équipé d'une antenne.
Une clé longue, le WPS désactivé et le WPA2 ou WPA3 actif font plus que ces trois réglages réunis.
Changer la clé sans paralyser la maison
C'est la vraie corvée, et c'est pour cela qu'on repousse. Un peu de méthode évite d'y passer la soirée :
- Faites la liste de ce qu'il faudra reconnecter : téléphones, ordinateurs, télévision, imprimante, enceintes, caméras, thermostat, aspirateur, console.
- Changez la clé depuis l'interface de la box, et notez-la quelque part avant de valider.
- Reconnectez d'abord un téléphone : il servira ensuite à reconfigurer les objets qui n'ont pas d'écran, via leur application.
- Gardez pour la fin les appareils pénibles : l'imprimante, qui demande souvent de repasser par son écran, et les caméras, qu'il faut parfois réassocier.
Si vous avez un répéteur ou un système maillé, la clé se propage en général automatiquement ; sinon, il faut la modifier aussi sur chaque satellite.
Si quelqu'un était vraiment entré
Le cas existe, surtout avec une clé d'origine jamais changée ou un WPS laissé actif. Au-delà du changement de clé, trois vérifications s'imposent :
- Les redirections de ports et l'accès distant dans la box : une règle ajoutée ouvre un chemin depuis l'extérieur, et elle survit au changement de clé.
- Les serveurs DNS configurés dans la box : s'ils ont été modifiés, la navigation peut être détournée vers de fausses pages. Remettez ceux fournis automatiquement par l'opérateur.
- Les partages de fichiers de vos ordinateurs et de votre NAS : mot de passe exigé, et pas d'accès invité.
En cas de doute persistant, une remise à zéro de la box par le bouton de réinitialisation efface toute configuration ajoutée ; il faut ensuite tout reparamétrer. Et si votre inquiétude porte moins sur le réseau que sur quelqu'un de votre entourage qui aurait accès à vos appareils, la fiche téléphone surveillé par un proche traite précisément cette situation ; pour un ordinateur, c'est détecter un logiciel espion.
Besoin d'un avis ? Un point sur la box et les appareils du logement se fait très bien en assistance à distance, ou lors d'une intervention à domicile dans la Sarthe ; les tarifs sont affichés, et les quinze premières minutes au téléphone ne coûtent rien.
Deux prolongements utiles une fois la liste des appareils au propre : vérifier ses caméras de surveillance, et isoler les objets connectés sur le réseau invité. Et si vous vous demandez si un VPN réglerait le sujet, la réponse honnête est dans faut-il un VPN.
Questions fréquentes
Un appareil inconnu apparaît dans la liste, est-ce forcément un intrus ?
Non, et c'est même rarement le cas. Les objets connectés s'affichent sous des références techniques, et les téléphones récents changent d'adresse matérielle d'un réseau à l'autre. Cherchez les trois premiers groupes de l'adresse MAC : ils donnent le fabricant, et souvent la réponse.
Puis-je bloquer un appareil sans changer la clé ?
La plupart des box permettent de bloquer un appareil précis depuis la liste. C'est utile sur le moment, mais contournable : l'adresse matérielle se modifie. Le changement de clé reste la seule mesure qui ferme réellement la porte.
Mon voisin peut-il voir ce que je fais sur Internet ?
Non. Les sites et les applications chiffrent leurs échanges : être sur le même réseau ne permet pas de lire vos messages ni vos mots de passe. Ce qu'un intrus atteint, ce sont les partages locaux mal protégés et votre débit.
Faut-il éteindre le Wi-Fi la nuit ?
Pour la sécurité, l'effet est marginal : une clé solide protège mieux qu'une coupure nocturne. Cela peut se justifier pour d'autres raisons, mais pensez aux appareils qui en dépendent, alarme ou caméra comprises.
Un VPN empêche-t-il quelqu'un d'utiliser mon wifi ?
Non, ce sont deux choses différentes. Un VPN chiffre votre propre trafic vers l'extérieur ; il ne contrôle pas qui se connecte à votre box. Seule la clé Wi-Fi fait ce travail.
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Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d'un manuel. En savoir plus.
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