J'ai rappelé un numéro surtaxé : que faire ?
Une seule sonnerie depuis un numéro inconnu, un SMS qui annonce un colis bloqué, un répondeur qui presse de rappeler un 08. Vous saurez ce que ce rappel a réellement coûté, comment retrouver qui se cache derrière le numéro, et dans quel ordre réclamer pour faire retirer la somme de votre facture.
↑ Ce conseil fait partie du guide : Arnaques & hameçonnage
J'ai rappelé un numéro surtaxé, que faire ?
Regardez d'abord le préfixe. Un numéro en 089 est plafonné à 0,80 € la minute ou 3 € l'appel, TVA comprise : la facture est rarement le vrai problème. Identifiez ensuite le service sur l'annuaire inversé surmafacture.fr, réclamez à l'éditeur puis à votre opérateur, et signalez le numéro au 33700.
- Notez le numéro, la date, la durée.
- Ne rappelez pas une seconde fois.
- Cherchez le numéro sur surmafacture.fr.
- Réclamez à l'éditeur, puis à l'opérateur.
- Signalez l'appel ou le SMS au 33700.
- Vérifiez la facture du mois suivant.
Ce que le rappel a coûté, au centime près
C'est la première chose qu'on veut savoir, et c'est la seule que personne n'écrit clairement. Un numéro à valeur ajoutée coûte le même prix chez tous les opérateurs : la surtaxe est fixée par l'éditeur du service, pas par Orange, SFR, Free ou Bouygues. Elle s'ajoute au prix d'un appel normal et n'est jamais comprise dans un forfait « illimité ».
Depuis la réforme du 1er octobre 2015, la surtaxe est plafonnée par tranche de numéro. Voici la grille publiée par l'Arcep, l'autorité qui attribue ces numéros.
| Le numéro commence par | Prix du service, hors taxe | Ce que ça fait, TVA à 20 % comprise |
|---|---|---|
| 0800 à 0805 | Gratuit | 0 €, et l'appel n'est pas décompté |
| 0806 à 0809 | Gratuit | Le prix d'un appel vers un 01 ou un 09 |
| 081 | 0,05 €/min ou 0,125 €/appel | 6 centimes la minute, ou 15 centimes |
| 082 | 0,137 €/min ou 0,417 €/appel | 16 centimes la minute, ou 50 centimes |
| 089 | 0,667 €/min ou 2,50 €/appel | 0,80 € la minute, ou 3 € l'appel |
Trois conséquences pratiques. D'abord, la surtaxe se facture soit à l'acte — une fois, quelle que soit la durée — soit à la seconde dès la première seconde. Il n'y a plus de palier caché : raccrocher au bout de dix secondes divise vraiment la note quand la tarification est à la durée, et ne change rien quand elle est à l'appel. Ensuite, un message tarifaire gratuit est diffusé au début de l'appel : c'est le moment où l'on peut encore raccrocher sans rien payer. Enfin, votre facture détaillée doit lister chaque appel surtaxé avec son numéro, sa durée et son prix : vous avez de quoi vérifier, ligne par ligne, au lieu de supposer.
Le calcul qui rassure la plupart des gens tient en une phrase : un rappel de deux minutes vers le pire des numéros français coûte moins de deux euros. Quand quelqu'un nous appelle en disant avoir perdu cent ou deux cents euros, ce n'est presque jamais la communication : c'est un achat sur facture, un abonnement souscrit pendant l'appel, ou ce qui a été dicté au téléphone.
Le vrai risque : ce qui s'est dit pendant l'appel
Les rappels qui finissent mal ne finissent pas mal à cause du tarif. Ils finissent mal parce que le rappel a mis la personne en relation avec quelqu'un qui savait exactement quoi demander. Le numéro surtaxé n'est alors qu'un péage à l'entrée ; la vraie recette est ailleurs.
Reprenez la conversation dans l'ordre, et cochez honnêtement ce qui a été donné.
- Un code reçu par SMS. C'est le plus grave et le plus banal. Un code à six chiffres dicté au téléphone ouvre une boîte mail, une banque en ligne ou un compte marchand. La marche à suivre est dans notre fiche sur le code de vérification reçu sans l'avoir demandé.
- Un numéro de carte bancaire, même « juste pour vérifier votre identité » ou pour un euro symbolique. Opposition immédiate, puis les vérifications décrites dans comment savoir si ma carte bancaire est piratée.
- Une prise en main de l'ordinateur. Si on vous a fait installer un logiciel pour « régler le problème à distance », vous êtes dans le scénario du faux support technique : coupez la connexion et désinstallez avant toute autre chose.
- Un virement, une recharge ou un coupon. Il ne s'agit plus d'un numéro surtaxé mais d'une escroquerie caractérisée, et le recours se joue sur le moyen de paiement, pas sur la facture de téléphone.
Un interlocuteur qui vous rappelle « pour régler le litige » quelques jours plus tard n'est jamais un hasard. Les numéros qui ont rappelé une fois sont rappelés en priorité, et la seconde vague se présente en faux service de remboursement, en faux conseiller ou en faux agent de l'Arcep. L'autorité le dit elle-même sur son site : elle n'appelle jamais pour annoncer une usurpation d'identité ou une suspension de ligne.
Le numéro n'était pas un 08 : trois autres cas
Une bonne moitié des appels qu'on nous décrit ne concerne aucun numéro surtaxé français. Le tri change tout, parce que les recours ne sont pas les mêmes.
Un 06 ou un 07 n'est jamais surtaxé. La plateforme officielle surmafacture.fr l'écrit noir sur blanc : les fixes en 01 à 05 et en 09, et les mobiles en 06 et 07, ne sont pas concernés par la surtaxe. Rappeler un 06 coûte le prix d'un appel ordinaire, souvent rien avec un forfait illimité. Le danger d'un 06 est entièrement dans la conversation, pas sur la facture.
Un numéro étranger est un appel international, pas un service surtaxé. C'est le piège de l'appel d'une seule sonnerie, juste le temps de laisser un appel en absence. Vous rappelez, et votre opérateur facture une communication internationale hors forfait, parfois vers une destination volontairement chère. Cybermalveillance.gouv.fr est explicite : un appel en absence venu de l'étranger sans message, on ne le rappelle pas. Et comme ce numéro n'est pas attribué par l'Arcep, ni l'annuaire inversé ni le plafond de 3 € ne s'appliquent : la réclamation se fait auprès de l'opérateur seul.
Un SMS à cinq chiffres n'est pas un appel. Les numéros courts à cinq chiffres commençant par 6, 7 ou 8 facturent l'envoi du message : répondre coûte, ne pas répondre ne coûte rien. Les numéros courts à quatre chiffres et les 118 des services de renseignements sont eux aussi surtaxés, et parfois très chers à la minute.
Si le message reçu annonçait un colis en souffrance ou un retard de livraison, la mécanique complète est détaillée dans notre fiche sur le faux SMS de livraison.
Retrouver qui est derrière le numéro
Les opérateurs et les éditeurs ont l'obligation de tenir un annuaire inversé des numéros surtaxés. Il est public, gratuit, et c'est l'outil le plus sous-utilisé de tout ce dossier. Il se trouve sur surmafacture.fr, la plateforme de l'af2m, l'association qui regroupe Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR.
Un détail fait perdre du temps à beaucoup de monde : les fiches officielles citent encore cet annuaire sous son ancien nom, infosva.org. L'adresse fonctionne toujours, mais elle redirige désormais vers surmafacture.fr — vérifié le 25 septembre 2026. Saisissez le numéro tel qu'il s'affiche, sans espaces.
Ce que la fiche affiche : le nom de l'éditeur du service, ses coordonnées de service client et le tarif exact du numéro. Sous la fiche, un bouton « Signaler un problème relatif à ce numéro » ouvre un formulaire. Le signalement est anonyme : vos coordonnées ne sont pas transmises à l'éditeur, et les opérateurs peuvent aller jusqu'à couper le numéro et résilier le contrat du fraudeur.
Si aucune fiche ne sort, retenez-le : ce n'était pas un numéro à valeur ajoutée français, et vous êtes dans l'un des trois cas de la section précédente. Pour un 06 ou un 07, cybermalveillance.gouv.fr renvoie vers un annuaire inversé classique comme 118712.fr, qui ne donne pas de tarif mais parfois un nom.
Les quatre recours, dans l'ordre
L'ordre compte. Sauter une marche, c'est se faire renvoyer à la précédente et perdre des semaines — et surtout se fermer l'accès au médiateur, qui exige d'avoir réclamé par écrit avant lui.
Avant de commencer, l'Arcep demande une vérification un peu désagréable mais utile : assurez-vous que personne du foyer n'est à l'origine des appels. Les services facturés à l'acte attirent les adolescents, qui utilisent parfois un autre téléphone que le leur.
- L'éditeur du service. C'est par lui qu'on commence, l'Arcep l'écrit explicitement. Ses coordonnées figurent sur la fiche de l'annuaire inversé. Une réclamation écrite, avec la date, l'heure, la durée et le montant contesté.
- Le service client de votre opérateur, par écrit également, si l'éditeur ne répond pas ou refuse. Gardez une copie : c'est cette trace qui ouvre la suite.
- Le service recours consommateurs de l'opérateur, saisi par écrit si vous n'avez pas de réponse sous un mois, ou si la réponse ne vous satisfait pas.
- Le médiateur des communications électroniques, gratuit, si le service recours ne répond pas dans le mois suivant. Vous pouvez aussi le saisir directement après deux mois de silence du service client.
Les délais du médiateur, pour savoir à quoi s'attendre. La saisine est possible pendant un an à compter de votre première réclamation écrite au professionnel. Une demande recevable est confirmée sous huit jours ; une demande rejetée est motivée sous trois semaines. Le médiateur rend son avis sous 90 jours, et chaque partie dispose ensuite d'un mois pour l'accepter ou la refuser.
Un dernier levier, ignoré de presque tout le monde : un opérateur ne peut pas encaisser sur votre facture, pour le compte de sociétés tierces, plus de 300 € par mois sans détenir un agrément bancaire adapté. C'est l'article L. 521-3-1 du code monétaire et financier, et l'Arcep le rappelle. Si votre facture affiche davantage en achats pour des tiers, la réclamation se fait directement auprès de l'opérateur, et cet article se cite tel quel.
Signaler et bloquer en cinq minutes
Le signalement ne vous rembourse pas, mais c'est lui qui fait couper les numéros : les remontées sont transmises aux opérateurs tous les jours.
- Le 33700, gratuit. Un SMS suspect se transfère directement à ce numéro. Pour un appel, le signalement se fait par formulaire ou par capture d'écran sur 33700.fr. La plateforme traite précisément les appels « qui vous incitent à rappeler un numéro surtaxé ou un numéro étranger ».
- Le formulaire de l'annuaire inversé, sous la fiche du numéro, quand l'éditeur est identifié.
- SignalConso, la plateforme de la répression des fraudes, pour du démarchage abusif. Le signalement est transmis à l'entreprise et notifié à la DGCCRF.
- Une plainte, si de l'argent ou des données ont été soutirés : l'escroquerie relève de l'article 313-1 du code pénal. Le parcours complet est décrit dans notre guide pour porter plainte et signaler un piratage.
- Le blocage du numéro sur le téléphone lui-même, et le filtrage que proposent certains opérateurs.
Ne confondez pas avec Bloctel, qui ne concerne que le démarchage commercial. Sur ce terrain, la règle a changé récemment : cybermalveillance.gouv.fr rappelle que depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique à des fins commerciales est interdit, sauf dans certains cas. Un appel commercial que vous n'avez pas accepté n'est donc plus seulement agaçant.
Ce qui ne sert à rien
- Rappeler pour comprendre, ou pour dire ce qu'on en pense. Chaque rappel est facturé au même tarif, et un numéro qui décroche est un numéro qui rapporte.
- Répondre STOP à un faux SMS. Le STOP a du sens face à une enseigne identifiable, et cybermalveillance.gouv.fr le recommande dans ce cas. Derrière un SMS d'hameçonnage, il n'y a aucun service client : le seul geste utile est le signalement au 33700.
- Changer de numéro de téléphone. Les numéros sont composés en série, pas volés dans un fichier. Le nouveau sera appelé aussi.
- Perceval. Ce téléservice ne traite que l'usage frauduleux d'un numéro de carte bancaire. Un appel surtaxé apparaît sur une facture de télécoms, pas sur un relevé de carte.
- Payer quelqu'un qui promet de faire annuler la facture. C'est la seconde vague, expliquée dans les faux hackers qui promettent de tout récupérer.
Questions fréquentes
Est-ce qu'un numéro commençant par 06 est surtaxé ?
Non. La plateforme officielle surmafacture.fr précise que les mobiles en 06 et 07, comme les fixes en 01 à 05 et en 09, ne sont pas concernés par la surtaxe. Rappeler un 06 coûte le prix d'un appel ordinaire. Le risque, sur ces numéros, est ce qu'on vous dira au téléphone.
Quels numéros en 08 sont gratuits ?
Les 0800 à 0805 sont gratuits et ne sont pas décomptés du forfait. Les 0806 à 0809 coûtent le prix d'un appel vers un numéro en 01 ou en 09, donc rien de plus dans un forfait illimité. Seuls les 081, 082 et 089 comportent une surtaxe.
Trente secondes au téléphone m'ont-elles vraiment coûté 50 € ?
Pas sur un numéro français. Le plafond d'un 089 est de 0,80 € la minute ou 3 € l'appel, TVA comprise. Une somme à deux chiffres vient d'un achat sur facture, d'un abonnement souscrit pendant l'appel, ou d'un appel vers l'étranger, qui échappe à ce plafond.
Mon opérateur peut-il refuser de me rembourser ?
Oui, car il n'est pas l'éditeur du service : il encaisse pour le compte d'un tiers. C'est pour cela que la réclamation commence par l'éditeur, identifié sur l'annuaire inversé. L'opérateur intervient ensuite, puis son service recours, puis le médiateur des communications électroniques.
Une entreprise peut-elle me faire appeler un numéro surtaxé pour son service après-vente ?
Non. Les articles L. 121-16 et L. 224-38 du code de la consommation interdisent au professionnel d'utiliser un numéro surtaxé pour recueillir l'appel d'un client au sujet de l'exécution d'un contrat ou d'une réclamation. Un service après-vente doit être joignable sans surcoût de service.
Sources
- Arcep — les numéros à valeur ajoutée et leur tarification (grille des tranches 081, 082 et 089 ; ordre des réclamations ; plafond de 300 € par mois).
- surmafacture.fr — numéros surtaxés et annuaire inversé (plateforme de l'af2m ; les 06 et 07 ne sont pas surtaxés ; signalement anonyme).
- Cybermalveillance.gouv.fr — spam téléphonique (ne pas rappeler un appel en absence venu de l'étranger ; démarchage interdit depuis le 11 août 2026).
- 33700 — signaler un appel indésirable (appels incitant à rappeler un numéro surtaxé ou étranger).
- Médiation des communications électroniques — saisir le médiateur (un an, huit jours, trois semaines, 90 jours).
- Légifrance — article L. 224-38 du code de la consommation (interdiction du numéro surtaxé pour le suivi d'un contrat).
- SignalConso — la plateforme de signalement de la DGCCRF.
À lire aussi : mon numéro est utilisé pour arnaquer · l'arnaque au faux conseiller bancaire · le guide arnaques & hameçonnage.
Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient des appels qui commencent toujours pareil : « j'ai rappelé, et maintenant j'ai peur de ce que ça va coûter ». En savoir plus.
Vous avez rappelé, et donné quelque chose ?
Diagnostic gratuit au téléphone (15 minutes) : on regarde le numéro, ce qui a été dit et vos comptes sensibles, et je vous dis s'il faut agir aujourd'hui ou simplement surveiller. Assistance à distance dès 19 € la demi-heure pour vérifier et refermer un compte, intervention au Mans dès 49 €. Les tarifs sont affichés, et vous pouvez aussi décrire votre situation par écrit.
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