↑ Ce conseil fait partie du guide : Arnaques et hameçonnage
- Le but n'est pas le petit paiement, c'est votre numéro de carte et l'abonnement qui suit.
- Aucun transporteur ne réclame de frais par SMS avec un lien : on passe par son site, saisi soi-même.
- Si vous avez payé : opposition, puis relecture des relevés des trois derniers mois.
- Le SMS se transfère gratuitement au 33700.
Que faire après un SMS « votre colis est en attente » ?
Ne cliquez pas et vérifiez votre commande directement sur le site du marchand ou du transporteur. Ces SMS réclament 1 à 2 euros de faux frais pour récupérer votre numéro de carte, souvent avec un abonnement caché derrière. Si vous avez déjà payé, faites opposition immédiatement et signalez le message au 33700.
Le scénario, du SMS au prélèvement
Tout commence par un SMS court, souvent bien écrit : « Votre colis n'a pas pu être livré, des frais de douane de 1,95 € restent à régler », suivi d'un lien raccourci. Le montant est choisi avec soin : assez faible pour qu'on ne réfléchisse pas, assez précis pour paraître administratif.
La page qui s'ouvre reprend le logo d'un transporteur connu, affiche un numéro de suivi crédible, et réclame nom, adresse, puis carte bancaire. Certaines versions demandent ensuite le code reçu par SMS de votre banque — c'est ce code qui valide l'enregistrement de votre carte, pas le règlement de 1,95 €.
Les jours suivants, rien ne se passe. Le colis n'arrive pas, et personne ne vous relance. Le vrai effet apparaît sur le relevé bancaire, quelques semaines plus tard : un prélèvement mensuel de vingt à cinquante euros, au nom d'une société inconnue, souvent étrangère.
Reconnaître le faux en dix secondes
Quatre points suffisent, et ils ne demandent aucune compétence technique :
- Attendez-vous vraiment un colis ? C'est la première question, et elle règle la moitié des cas. Ces envois sont massifs : vous n'êtes pas visé personnellement.
- Le lien. Un appui long affiche l'adresse réelle sans l'ouvrir. Un vrai transporteur utilise son propre domaine, pas un raccourcisseur ni une adresse composée de mots collés.
- Le montant. Des frais de douane réels dépassent presque toujours quelques euros et sont annoncés par le transporteur avant l'expédition, pas par SMS la veille.
- La demande de carte. Un règlement se fait depuis l'espace de suivi du transporteur, où vous arrivez en tapant vous-même son adresse.
La règle générale est la même que pour le faux mail des impôts : on ne suit jamais le lien d'un message, on reprend le canal que l'on connaît déjà.
L'abonnement caché derrière 1,95 €
C'est la partie que presque personne ne voit venir. En saisissant votre carte pour ces « frais », vous ne payez pas une livraison : vous autorisez un paiement récurrent. Les conditions, écrites en tout petit ou sur une page que l'on ne lit pas, mentionnent un abonnement à un service fictif — streaming, coaching, assistance — facturé chaque mois. Le même mécanisme se cache derrière d'autres appâts gratuits, comme une fausse carte cadeau « gagnée » sur Facebook qui réclame une carte bancaire pour de prétendus frais de port.
Plusieurs éléments rendent le procédé difficile à arrêter :
- le libellé sur le relevé ne ressemble à rien de connu, et change parfois d'un mois sur l'autre ;
- le montant reste modeste, souvent en dessous du seuil où l'on s'inquiète ;
- le « service client » est injoignable, ou renvoie vers un formulaire sans réponse.
C'est pour cela que la simple relecture de trois mois de relevés fait partie des gestes de base après ce type de saisie : le prélèvement a souvent commencé bien avant qu'on le remarque.
Ce que devient le formulaire rempli
Le prélèvement n'est pas la seule conséquence. Le formulaire a aussi collecté votre nom complet, votre adresse postale, votre téléphone et parfois votre date de naissance. Ces informations ne sont pas perdues pour tout le monde : elles sont revendues par lots, et elles réapparaissent quelques semaines plus tard sous une autre forme.
- Un appel « de votre banque » qui cite votre adresse exacte pour prouver son sérieux — le scénario complet est dans l'arnaque au faux conseiller bancaire.
- Un courrier ou un SMS très personnalisé, bien plus convaincant que le premier.
- Une tentative d'usurpation si une copie de pièce d'identité a été demandée : là, il faut déposer plainte sans attendre.
Retenez la règle qui découle de tout cela : un interlocuteur qui connaît vos coordonnées ne prouve rien. Ces informations circulent, comme l'explique savoir si son adresse mail a fuité. La seule chose qui compte reste de ne jamais valider quoi que ce soit à la demande de quelqu'un qui appelle ou qui écrit.
Vous avez payé : la marche à suivre
- Opposition sur la carte via l'application bancaire ou le numéro d'urgence au dos : c'est la seule façon d'arrêter un paiement récurrent pour de bon.
- Ne validez aucun code reçu dans les minutes suivantes.
- Relisez les trois derniers relevés et notez chaque libellé inconnu, même pour quelques euros.
- Contestez par écrit les opérations non autorisées auprès de la banque.
- Signalez sur Perceval, via service-public.fr, et déposez plainte s'il y a préjudice.
Un détail qui compte : faire opposition ne suffit pas toujours à stopper un abonnement si la banque le traite comme un paiement autorisé. Demandez explicitement le blocage du bénéficiaire et la contestation des échéances déjà passées. La démarche est la même que pour toute fraude à la carte, détaillée dans j'ai cliqué sur un lien de phishing.
Les variantes qui circulent
Le canevas se décline sans relâche, parce qu'il fonctionne :
- Le colis « en attente en bureau de poste », avec réexpédition à payer.
- L'adresse incomplète à corriger : le formulaire récupère vos coordonnées complètes, utiles pour un appel frauduleux ultérieur.
- Le message vocal ou l'appel d'un prétendu transporteur, qui bascule ensuite vers un faux conseiller bancaire — le scénario est décrit dans l'arnaque au faux conseiller bancaire.
- La fausse application de suivi à installer sur Android : c'est le seul cas où le téléphone lui-même est en jeu, et il faut alors reprendre les vérifications de mon téléphone Android est-il infecté.
- Le nom d'un vrai transporteur, repris pour cibler. Chronopost, par exemple, n'envoie ses avis que depuis le numéro court 38004, jamais d'un 06/07 ni par WhatsApp : le détail complet, propre à ce transporteur, est dans le faux SMS Chronopost.
- Le nom d'une place de marché, et son cadeau en prime. Le colis retenu se double alors d'un « article gratuit à débloquer », crédible parce que la plateforme en distribue réellement : c'est tout le mécanisme de l'arnaque au nom de Temu.
Dans tous les cas, la réaction est identique : on ne clique pas, on vérifie depuis le site du transporteur avec le numéro de suivi que l'on possède déjà.
Signaler le SMS et le site
- Transférez le SMS au 33700 : gratuit, trente secondes, et cela permet aux opérateurs de couper les numéros et les liens de la campagne.
- Si le SMS vous a fait rappeler un numéro, le coût exact et les réclamations qui font retirer la somme de la facture sont dans j'ai rappelé un numéro surtaxé.
- Signalez le site copié sur Pharos : ces pages vivent quelques jours, chaque signalement raccourcit leur durée de vie.
- Prévenez le transporteur imité : la plupart ont une adresse dédiée aux tentatives d'hameçonnage et font fermer les domaines.
- Pour être guidé, cybermalveillance.gouv.fr et 17Cyber donnent la conduite à tenir selon ce que vous avez saisi.
Gardez une capture d'écran du SMS et de la page : votre banque peut la demander pour la contestation.
Quand vous attendez vraiment un colis
C'est la situation inconfortable : le message tombe pile au moment où une commande est en route. Trois habitudes évitent l'erreur.
- Passez par le marchand, pas par le transporteur. Le suivi figure dans votre compte client ou dans le mail de confirmation d'origine : c'est la source sûre.
- Comparez le numéro de suivi annoncé dans le SMS avec celui de votre commande. Une différence, et le doute est levé.
- Souvenez-vous qu'un vrai transporteur ne demande jamais de carte pour livrer : en cas de frais réels, il propose un paiement depuis son site ou au facteur, jamais via un lien SMS.
Les périodes de fêtes et de soldes concentrent ces campagnes, précisément parce que tout le monde attend un colis. Le réflexe vaut d'être rappelé aux proches à ce moment-là.
Cas voisin, et fréquent : le SMS arrive après un carton que vous n'avez jamais commandé. Là, ce n'est pas une campagne au hasard : votre adresse et votre numéro voyagent dans le même fichier. Voyez que faire d'un colis non commandé (le « brushing »).
Pour empêcher les suivants d'arriver jusqu'à vous — filtre des expéditeurs inconnus, blocage par mot-clé, SMS+ coupés chez l'opérateur —, tout est détaillé dans bloquer les SMS indésirables.
Ne plus se faire avoir
Quelques réglages simples réduisent fortement l'exposition :
- Activez les notifications de paiement de votre banque : chaque opération vous est signalée immédiatement, y compris un premier prélèvement de quelques euros.
- Utilisez une carte virtuelle ou à plafond limité pour les achats en ligne si votre banque le propose : un abonnement frauduleux s'y heurte tout de suite.
- Relisez vos relevés une fois par mois, en regardant surtout les petites lignes régulières.
- Ne laissez pas votre carte enregistrée partout : chaque site qui la stocke est une fuite potentielle, et une fuite alimente les campagnes suivantes — voyez savoir si son adresse mail a fuité.
Si vous voulez faire le tour de ces réglages une bonne fois, la page prévention décrit la séance type, à distance ou à domicile. Et si un doute subsiste sur ce que vous avez saisi, le diagnostic au téléphone dure quinze minutes et ne coûte rien : vous pouvez aussi décrire votre situation en deux lignes.
Retrouver l'abonnement sur votre relevé
Les 1,95 € de « frais de livraison » ne sont jamais le vrai sujet : ils ouvrent un abonnement de 39 à 79 € par mois, prélevé discrètement. Le repérer demande de savoir quoi chercher.
- Ouvrez le relevé de compte des trois derniers mois, ou votre espace bancaire en ligne.
- Cherchez les paiements par carte bancaire récurrents, au même montant et à la même date chaque mois. Les libellés sont volontairement neutres : un nom de société inconnu, souvent anglais, parfois suivi d'un numéro de téléphone étranger.
- Notez le libellé exact et le numéro de commande s'il apparaît : c'est ce que la banque vous demandera.
- Vérifiez aussi les cartes bancaires secondaires du foyer, et les comptes des proches à qui vous avez transféré le SMS.
Résilier, et se faire rembourser
Deux chemins, à mener de front plutôt que l'un après l'autre :
- Côté société. Les conditions d'utilisation, acceptées sans les lire au moment du paiement, prévoient une résiliation — souvent par e-mail à une adresse donnée en bas de page, parfois par courrier. Un service client existe, en général du lundi au vendredi et aux heures de bureau. Écrivez, gardez une copie, demandez confirmation écrite de la résiliation et de l'arrêt de la facturation.
- Côté banque. Faites opposition sur la carte — c'est le plus efficace, et ça coupe le prélèvement quoi qu'il arrive. Contestez ensuite les échéances déjà débitées. Un paiement obtenu par manœuvre frauduleuse se conteste, et la banque demandera le libellé exact et les dates.
⚠️ Ne vous contentez pas de la résiliation : tant que la carte vit, les coordonnées bancaires restent chez eux, et une reprise quelques mois plus tard n'est pas rare. Et n'envoyez jamais un chèque ni un virement pour « solder le compte » — aucune dette n'existe.
Questions fréquentes
J'ai payé 1,95 €, dois-je vraiment faire opposition ?
Oui. Le montant n'a aucune importance : ce qui compte, c'est que votre numéro de carte et son cryptogramme soient désormais connus. L'opposition est la seule façon d'empêcher les prélèvements suivants.
Comment reconnaître de vrais frais de douane ?
Ils sont annoncés par le transporteur avec un avis détaillé, dépassent généralement quelques euros, et se règlent depuis l'espace de suivi officiel où vous arrivez en tapant vous-même l'adresse du site. Jamais par un lien reçu en SMS.
Le SMS vient d'un numéro français, est-ce rassurant ?
Non. Les numéros affichés sont falsifiables ou loués en masse, y compris des numéros mobiles français. L'origine apparente d'un message ne dit rien de son authenticité.
Un prélèvement inconnu revient chaque mois, que faire ?
Demandez à votre banque le blocage du bénéficiaire et la contestation des échéances déjà passées, par écrit. Une simple opposition sur la carte ne suffit pas toujours si l'opération est traitée comme un paiement autorisé.
J'ai donné mon adresse mais pas ma carte, est-ce grave ?
Il n'y a pas de risque financier immédiat, mais ces coordonnées servent à rendre une prochaine tentative bien plus crédible, souvent par téléphone. Attendez-vous à être recontacté et gardez la règle : on ne valide jamais rien sur un appel entrant.
Comment retrouver l'abonnement prélevé sur mon compte ?
Sur le relevé des trois derniers mois, cherchez un paiement par carte récurrent, même montant et même date chaque mois, avec un libellé neutre et souvent anglais. Notez-le exactement : c'est ce que la banque demandera.
Comment résilier et se faire rembourser ?
Les deux en même temps : écrivez à la société pour la résiliation, et faites opposition sur la carte — c'est l'opposition qui coupe réellement le prélèvement. Contestez ensuite les échéances déjà débitées.
Faut-il payer pour « solder le compte » ?
Jamais. Aucune dette n'existe, et un chèque ou un virement envoyé pour clore l'affaire ne fait qu'ajouter une perte. Tant que la carte vit, vos coordonnées restent chez eux : c'est l'opposition qui règle la question.
La même mécanique se décline au nom de l'Assurance Maladie et de la CAF, avec une carte Vitale à renouveler ou un remboursement en attente : le texte exact de ces messages est décortiqué dans faux SMS Ameli ou CAF.
À lire aussi : le guide des arnaques et de l'hameçonnage · le faux mail des impôts · un colis non commandé arrivé chez vous.
Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d'un manuel. En savoir plus.
Vous avez payé les « frais de livraison » et vous voyez des prélèvements ?
Diagnostic gratuit au téléphone (15 minutes), et une réponse claire en cinq minutes.
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