↑ Ce conseil fait partie du guide : Arnaques & hameçonnage
Comment bloquer les SMS indésirables ?
Activez le filtre des expéditeurs inconnus dans l'application Messages : les SMS des numéros absents de vos contacts partent dans un onglet à part, sans notification. Transférez ensuite chaque message frauduleux au 33700, puis répondez au SMS automatique en donnant le numéro de l'expéditeur. Ne répondez jamais STOP à une arnaque.
- Activer le filtre des expéditeurs inconnus
- Transférer le SMS au 33700
- Répondre en donnant le numéro émetteur
- Ne jamais répondre, ne jamais rappeler
- Faire bloquer les SMS+ par son opérateur
Publicité ou arnaque : le tri en deux secondes
Le même mot, « spam », recouvre deux choses qui n'appellent pas du tout le même geste, et c'est la première raison pour laquelle les gens s'épuisent sans résultat.
D'un côté, la publicité par SMS. Elle est encadrée : la prospection par message électronique suppose votre consentement préalable, et l'expéditeur doit vous offrir un moyen simple et gratuit de vous y opposer. Elle arrive presque toujours d'un numéro court à cinq chiffres commençant par 3, elle nomme une enseigne existante, et elle finit par une mention du genre « STOP au 3xxxx ».
De l'autre, le SMS frauduleux. La plateforme 33700 en donne la liste des prétextes, toujours les mêmes : un colis en attente, un cadeau ou un chèque à récupérer, une démarche administrative à effectuer. Le but n'est pas de vous vendre quelque chose, mais de vous faire cliquer sur un lien, composer un numéro payant, ou envoyer un SMS vers un numéro court surtaxé.
- Un numéro à cinq chiffres commençant par 3 (36179, 38066…) : c'est un envoi commercial déclaré. Le STOP y fonctionne.
- Un 06, un 07, un +336 ou un +337 : c'est une fraude dans la quasi-totalité des cas. Aucune enseigne, aucune administration, aucune banque n'envoie ses messages depuis un portable.
- Un lien dont le domaine n'est pas exactement celui de la marque, ou un raccourcisseur d'adresse : fraude. Les vrais SMS d'un service public ne demandent jamais de payer sur un lien.
- Une somme minuscule — 1,80 € de frais de livraison, 2,99 € de « mise à jour » : c'est le prétexte à faire saisir un numéro de carte, et le montant annoncé n'est jamais celui qui sera débité.
Cette distinction commande tout le reste : sur une publicité, on se désabonne ; sur une arnaque, on signale et on se taît. Les grands classiques du genre — la fausse amende, la carte Vitale à renouveler, le compte formation — sont décortiqués dans reconnaître un faux SMS administratif, et le plus répandu de tous dans l'arnaque au colis.
Répondre STOP : quand ça marche, quand ça aggrave
Sur un envoi commercial déclaré, répondre STOP au numéro court est le bon geste, et
il est efficace en quelques jours. C'est même le seul cas de figure où répondre à un SMS sert à
quelque chose. Gardez le message le temps que l'effet arrive : s'il continue après une dizaine
de jours, l'expéditeur est en faute et le signalement devient légitime.
Sur un SMS frauduleux, c'est exactement l'inverse, pour deux raisons que personne n'écrit :
- Votre réponse prouve que la ligne est active et lue par un humain. Beaucoup de campagnes sont envoyées à des numéros composés au hasard : l'expéditeur ne sait pas si votre numéro existe. Votre STOP est la seule confirmation qu'il obtiendra, et un numéro confirmé vaut plus cher dans le fichier qui sera revendu ensuite.
- Un numéro court n'est pas gratuit par nature. Sur une campagne frauduleuse, le cinq chiffres peut être un service payant : votre « STOP » devient un achat, et parfois un abonnement. Le mécanisme, les tarifs réels et les recours sont détaillés dans j'ai rappelé un numéro surtaxé.
Répondre quoi que ce soit — même « arrêtez » ou « erreur de numéro ». Rappeler le numéro pour voir qui c'est. Et cliquer sur le lien « juste pour regarder » : l'ouverture d'une page compte comme une réaction, et certaines pages identifient votre opérateur au passage. Si le lien est déjà ouvert, la marche à suivre est dans j'ai cliqué sur un lien de phishing.
Les 4 réglages qui filtrent vraiment
Ces quatre-là travaillent sur le flux, pas sur un numéro : c'est toute la différence avec le blocage, et c'est pour ça qu'ils tiennent dans le temps. Comptez cinq minutes en tout, et notez qu'aucun ne supprime quoi que ce soit : un message filtré reste lisible, simplement il ne sonne plus.
1. Sur iPhone : le filtre des expéditeurs inconnus
Ouvrez les Réglages, allez dans Messages — sous iOS 18 et suivants, les réglages des applications sont regroupés dans une rubrique Applications — et activez le filtrage par expéditeur, souvent libellé « Filtrer les expéditeurs inconnus ». L'application Messages affiche alors des onglets, dont un « Expéditeurs inconnus » : tout ce qui vient d'un numéro absent de vos contacts y tombe sans notification. Dans une conversation d'un inconnu, un lien Signaler comme indésirable apparaît en bas : il transmet le message et le numéro à Apple et à votre opérateur, puis supprime la conversation.
2. Sur Android : la protection contre le spam de Messages
Dans l'application Messages de Google, touchez votre photo de profil, puis Paramètres de Messages et Protection contre le spam : l'interrupteur « Activer la protection contre le spam » fait analyser les messages entrants et classe les suspects à part, avec un bandeau d'avertissement. Sur une conversation ouverte, le menu à trois points propose Signaler comme spam et bloquer, qui fait les deux en un geste.
3. Sur Samsung : le blocage par expression, que personne n'utilise
C'est le réglage le plus efficace de la liste, et le moins connu. Dans l'application Messages de Samsung : Paramètres, puis Bloquer les numéros et les spams. Deux options s'y trouvent selon la version d'One UI : le blocage des numéros de spam, et surtout le blocage par mot ou par expression. Vous y inscrivez les mots qui reviennent dans les campagnes du moment — « colis », « cadeau », « compte suspendu », « amende » — et les messages qui les contiennent ne vous sont plus présentés, quel que soit le numéro utilisé. C'est la seule mécanique qui résiste au changement de numéro de l'expéditeur.
4. Chez l'opérateur : couper les SMS+
Les SMS+ sont les achats et abonnements facturés directement sur votre ligne par un envoi vers un numéro court. Tant qu'ils sont ouverts, un SMS peut vous coûter de l'argent. Le blocage se demande depuis l'espace client ou au service client ; le libellé varie d'un opérateur à l'autre (« blocage des services SMS+ », « achats par SMS », « services à valeur ajoutée »), la demande est gratuite. C'est le geste à faire en priorité sur le téléphone d'un adolescent ou d'un parent âgé : il ferme la porte à l'abonnement souscrit sans s'en rendre compte, celui qu'on découvre trois mois plus tard sur la facture.
Le 33700, en deux temps
Le 33700 est le service de signalement des SMS et des appels indésirables, gratuit, géré par les opérateurs français. Il se fait en deux temps, et c'est là que presque tout le monde s'arrête à la moitié :
- Transférez le message au 33700. Sur iPhone, appui long sur la bulle, Plus…, la flèche de transfert ; sur Android, appui long, puis l'icône de partage ou Transférer. Destinataire : 33700.
- Répondez au SMS automatique. Vous recevez aussitôt une demande de précision et vous devez renvoyer le numéro de l'expéditeur du message frauduleux. Sans cette seconde réponse, le signalement n'est pas exploitable.
Ce que ça produit concrètement, et qui justifie les trente secondes : les signalements sont transmis chaque jour aux opérateurs, qui peuvent couper le numéro émetteur (06, 07, +336, +337), le numéro surtaxé vers lequel on vous invite à écrire, et le numéro payant qu'on vous demande d'appeler — un 08, ou un quatre chiffres commençant par 3. Dans les cas les plus graves, une plainte est constituée auprès des services de police.
Quand le message ne peut pas être transféré — un iMessage, une conversation déjà supprimée, une capture gardée par précaution —, le formulaire de signalement sur 33700.fr accepte une capture d'écran. Ce qu'il faut savoir en revanche : le 33700 n'est pas une plainte et ne déclenche aucun remboursement. S'il y a eu un paiement, c'est le dépôt de plainte et les signalements officiels qui prennent le relais.
Bloquer le numéro : pourquoi ça ne tient pas
Bloquer est le réflexe de tout le monde, et c'est celui qui déçoit le plus. Un blocage s'applique à un numéro, après coup, alors que les campagnes changent d'expéditeur à chaque envoi : des cartes SIM prépayées par lots, des passerelles à l'étranger, des numéros empruntés. Bloquer trois numéros par jour pendant un mois ne diminue pas le flux d'un message — je le vois sur les téléphones qu'on m'apporte, avec parfois deux cents numéros dans la liste des bloqués.
Le blocage garde deux usages, réels tous les deux : une personne identifiée qui insiste (un démarcheur obstiné, un contact devenu envahissant), et un numéro court qui continue après un STOP. Pour le reste, le filtre du chapitre précédent fait le travail sans entretien. La liste se relit d'ailleurs : sur iPhone, dans les réglages de Messages, rubrique Contacts bloqués ; sur Android, dans les paramètres de l'application Messages.
D'où vient mon numéro, et ce que Bloctel n'y fait pas
La question arrive toujours, et la réponse est rassurante : dans la majorité des cas, il n'y a eu ni piratage, ni indiscrétion. Quatre chemins, par fréquence :
- Un formulaire. Un jeu-concours, une garantie à enregistrer, une carte de fidélité, une case déjà cochée qui autorise la transmission « aux partenaires ». C'est la source numéro un, et elle est légale.
- Un fichier revendu. Les numéros circulent par lots entre courtiers. Un seul formulaire d'il y a trois ans peut alimenter dix campagnes aujourd'hui.
- Une fuite de données. Un service chez qui vous avez laissé votre mobile s'est fait voler sa base. On vérifie en quelques secondes, gratuitement : comment savoir si mes coordonnées ont fuité.
- La composition en série. Les numéros mobiles français sont des blocs de 06 et 07 suivis de huit chiffres : un automate peut les essayer à la suite, sans rien savoir de vous. Autrement dit, recevoir ces messages ne prouve même pas qu'il y a eu une fuite quelque part.
Reste Bloctel, cité partout à contresens. C'est la liste d'opposition au démarchage téléphonique : elle vise les appels, l'inscription est gratuite et valable trois ans, et les entreprises doivent en purger leurs fichiers. Elle ne filtre pas les SMS, et elle n'a aucun effet sur des escrocs qui ne consultent pas la liste. Depuis mars 2023, le démarchage par téléphone est par ailleurs cantonné aux jours ouvrables, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, jamais le samedi, le dimanche ni les jours fériés : un appel commercial le dimanche matin est en infraction, et cela se signale. Si votre propre numéro est affiché par des démarcheurs pour appeler d'autres personnes, c'est un autre problème, traité dans mon numéro est utilisé pour arnaquer.
Ce qui ne sert à rien, et ce qui aggrave
- Changer de numéro. Le nouveau sera composé par les mêmes automates en quelques semaines, et vous aurez repris entre-temps votre banque, vos livraisons et tous vos codes de double authentification. À réserver au harcèlement caractérisé.
- Se mettre en liste rouge de l'annuaire. Cela concerne l'annuaire universel, pas les fichiers de prospection, et encore moins un automate.
- Installer une application « anti-spam » qui réclame le carnet d'adresses. Elle téléverse les numéros de vos proches pour alimenter son annuaire inversé. Les filtres intégrés au téléphone font le même travail sans rien envoyer à personne.
- Réinitialiser le téléphone. Il n'y a rien à nettoyer : recevoir un SMS ne suppose aucun accès à l'appareil. Les vrais signes d'une infection sont listés dans mon téléphone Android est-il infecté.
- Supprimer le message tout de suite. Signalez d'abord. Une capture d'écran qui montre le numéro, l'heure et le texte est la seule pièce que vous aurez si un prélèvement apparaît ensuite.
Si les libellés de vos réglages ne ressemblent pas à ceux décrits ici — ils changent avec chaque version d'iOS et d'Android —, c'est typiquement ce que règle une assistance à distance : on ouvre les quatre rubriques ensemble, écran partagé, en une demi-heure. Le déroulé de la prise en main et les tarifs sont affichés : le diagnostic au téléphone dure quinze minutes et ne coûte rien. Vous pouvez aussi décrire votre situation par écrit.
Questions fréquentes
Recevoir des SMS d'arnaque veut-il dire que mon téléphone est piraté ?
Non. Envoyer un SMS ne demande rien d'autre que votre numéro : aucun accès à l'appareil, aucune application installée, aucun mot de passe. Un téléphone qui reçoit dix messages frauduleux par jour est un téléphone dont le numéro circule, pas un téléphone infecté.
Le signalement au 33700 est-il payant ?
Non. Le transfert du SMS au 33700 est gratuit et ne décompte rien de votre forfait. Le service est géré par les opérateurs français ; il existe aussi un formulaire sur 33700.fr, où l'on joint une capture d'écran quand le message ne peut pas être transféré.
Répondre STOP peut-il me coûter de l'argent ?
Sur une publicité légale, non : l'opposition doit être gratuite et simple. Sur une campagne frauduleuse, le numéro court à cinq chiffres peut être un service payant, et votre STOP devient un achat. C'est la deuxième raison de ne jamais répondre à une arnaque.
Bloctel arrête-t-il les SMS publicitaires ?
Non, et c'est la confusion la plus fréquente. Bloctel est la liste d'opposition au démarchage téléphonique : elle vise les appels. Pour les SMS, les deux outils sont le STOP sur une publicité légale et le 33700 sur une arnaque.
Le filtre va-t-il me faire manquer un vrai SMS, un code de banque ou un avis de colis ?
Non : rien n'est supprimé. Les messages des numéros inconnus arrivent dans un onglet séparé, sans notification, et restent lisibles. La règle pratique est de l'ouvrir quand vous attendez quelque chose, et de l'ignorer le reste du temps.
Faut-il porter plainte pour un SMS d'arnaque ?
Pour un message resté sans suite, le signalement au 33700 suffit. Dès qu'il y a une conséquence — un paiement, un compte perdu, un abonnement souscrit —, la plainte devient utile, et le SMS conservé en capture d'écran date les faits.
Pourquoi en reçois-je beaucoup plus depuis quelques semaines ?
Trois causes, souvent cumulées : un fichier où figure votre numéro vient d'être revendu, vous avez répondu ou cliqué une fois, ce qui a fait passer la ligne en « active », ou une campagne tourne sur votre tranche de numéros. Le volume retombe presque toujours de lui-même en quelques semaines.
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Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d'un manuel. En savoir plus.
Noyé sous les SMS d'arnaque ?
Diagnostic gratuit au téléphone (15 minutes) : on regarde si un clic a laissé des traces, et on pose les filtres ensemble.
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