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Fiche pratique

Faux SMS Chronopost : le code 38004 ne trompe jamais

Un message annonce des « frais de douane » ou une « étiquette non conforme », parfois sur WhatsApp, avec un lien qui copie Chronopost à l'identique. Un seul détail suffit à trancher avant même de lire le contenu : d'où vient réellement le message, pas à quoi il ressemble.

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↑ Ce conseil fait partie du guide : Arnaques et hameçonnage

Faux SMS Chronopost : que faire ?

Un avis de livraison légitime de Chronopost arrive uniquement par SMS, depuis le numéro court 38004 : jamais depuis un numéro mobile en 06 ou 07, et jamais par WhatsApp. Pour une livraison en France, aucune pièce d'identité ni aucun frais supplémentaire ne sont demandés. Ne cliquez sur aucun lien, vérifiez le numéro de suivi sur chronopost.fr tapé vous-même, et si une carte a déjà été donnée, faites opposition dans l'heure.

  1. Regardez le numéro ou l'adresse d'expédition, pas le nom affiché
  2. Un message reçu sur WhatsApp au nom de Chronopost est faux à 100 %
  3. Ouvrez chronopost.fr vous-même pour comparer au suivi réel
  4. Carte déjà donnée : opposition immédiate, puis contestation écrite

Les 4 marqueurs du faux

Illustration : trois colis en carton posés sur un paillasson devant une porte d’entrée
Un vrai avis Chronopost ne vient que du numéro court 38004 : tout le reste se juge sur ce seul détail.

1. Un expéditeur qui n'est pas le numéro court. Les avis SMS authentiques de Chronopost sont envoyés depuis le 38004, un numéro court dédié, jamais depuis une ligne mobile classique en 06 ou 07. Un message reçu d'un numéro ordinaire, même affublé du nom « Chronopost » dans l'application de messagerie, ne vient pas du transporteur : les noms affichés se falsifient, le numéro court ne se partage pas.

2. Un canal que Chronopost n'utilise jamais. Les campagnes récentes se diffusent aussi sur WhatsApp, un canal que Chronopost n'emploie à aucun moment pour notifier une livraison. Recevoir un « avis de colis » sur WhatsApp suffit, à lui seul, à conclure qu'il ne s'agit pas de Chronopost — avant même d'ouvrir le message.

3. Une demande que le transporteur exclut lui-même. Chronopost le répète sur son compte officiel : elle ne réclame ni pièce d'identité ni frais de livraison pour un envoi en France. Un message qui en demande, sous n'importe quel prétexte — « étiquette non conforme », « redirection », « colis bloqué », ou « à retirer en bureau de poste » — ne respecte pas cette règle que Chronopost fixe elle-même. Ce dernier prétexte mélange d'ailleurs deux réseaux distincts d'un même groupe : Chronopost livre par ses propres points Pickup, pas par un bureau de poste classique où se retire un recommandé — un vrai avis Chronopost n'oriente jamais vers ce guichet.

4. Un montant choisi pour ne pas inquiéter. La somme réclamée reste presque toujours modeste, de l'ordre de quelques euros, présentée comme des « frais de douane » ou de « redirection ». Elle ne sert pas à payer une livraison : elle sert à faire saisir un numéro de carte et un cryptogramme sur une page qui copie le site officiel, avant un débit bien plus élevé quelques jours plus tard.

À retenir

Trois signaux suffisent à trancher sans lire le reste : un numéro différent de 38004, un message reçu sur WhatsApp, ou une demande de carte pour une livraison en France. Un seul de ces trois signes présent, et le message n'est pas de Chronopost.

Trois canaux, un seul vrai

Chronopost communique par SMS pour l'essentiel de son suivi, et plus rarement par e-mail selon le type de notification (livraison, douane, enquête de satisfaction). Aucun des deux canaux officiels n'inclut WhatsApp.

Quand vous êtes absent à la livraison, le geste réel de Chronopost n'a rien de numérique : un avis de passage papier est laissé dans la boîte aux lettres, par courrier, avec les coordonnées du point Pickup ou de l'entrepôt où retirer le colis. Aucune version électronique de cet avis n'existe : un SMS ou un mail qui prétend le remplacer invente une étape que Chronopost ne pratique pas.

CanalCe qui est vraiCe qui doit alerter
SMS Expéditeur affiché « Chronopost », envoyé depuis le numéro court 38004 Numéro mobile classique en 06 ou 07, lien raccourci vers un domaine inconnu
E-mail Suivi via le numéro de colis déjà en votre possession, comparé sur chronopost.fr tapé soi-même Pièce jointe à ouvrir, formulaire qui redemande une carte déjà enregistrée par le vendeur
WhatsApp Aucune — ce canal n'est jamais utilisé par Chronopost pour un avis de livraison Le canal lui-même, quel que soit le contenu du message
Le nom affiché ne prouve rien dans aucun des trois cas : seul le numéro d'expédition, ou l'absence même de canal officiel pour WhatsApp, tranche.

Pour l'e-mail, il n'existe pas de liste d'adresses à retenir par cœur : un grand groupe de livraison envoie ses notifications depuis plusieurs systèmes techniques différents selon l'étape (dépôt, douane, livraison), et une adresse inhabituelle ne prouve donc rien à elle seule, dans un sens comme dans l'autre. La seule vérification qui tienne reste de reprendre le numéro de suivi déjà en votre possession — celui du mail de confirmation du vendeur, pas celui du message reçu — et de le saisir sur chronopost.fr ouvert à la main. Connectez-vous uniquement depuis cette adresse tapée vous-même, jamais depuis un lien reçu. Si le mail a réellement été envoyé par Chronopost, ce numéro correspond exactement à celui donné lors de votre commande ; sinon, rien ne colle. Cinq maquillages d'adresse suffisent à faire ressembler un lien au bon domaine sans l'être, et l'en-tête complet d'un mail confirme ou contredit l'expéditeur réel si le doute persiste.

Deux numéros se confondent facilement, et c'est exploité sans vergogne : le numéro de commande, donné par le site marchand au moment de l'achat, et le numéro de colis (ou numéro de suivi), donné par Chronopost une fois l'envoi pris en charge. Le suivi de commande affiché sur le site du vendeur réunit en général les deux ; le site de Chronopost ne reconnaît que le second, et affiche seulement les statuts d'acheminement (déposé, pris en charge, en cours de livraison). Un message qui demande de confirmer « votre commande » ou « votre colis » avec une carte bancaire mélange sciemment les deux circuits : Chronopost n'a jamais besoin du prix payé ni du moyen de paiement utilisé chez le vendeur, seulement du numéro de colis pour afficher où il se trouve.

Le mail de confirmation de commande envoyé par le vendeur au moment de l'achat reste la seule source fiable : il indique l'adresse de livraison choisie — parfois différente de l'adresse de facturation — et c'est ce document, pas un lien reçu après coup, qui permet de suivre votre commande et l'avancement du suivi de colis. Si « ma commande » évoquée dans le message ne correspond à aucun achat récent, la demande de confirmer « votre carte » ne peut être que frauduleuse — Chronopost transporte aussi des envois sensibles pour des tiers, comme une carte SIM de remplacement expédiée par un opérateur mobile, ce qui explique pourquoi ce type de message tombe parfois juste au moment où un vrai colis est réellement en route.

Les frais réels, et ceux qui n'existent pas

C'est la nuance que la plupart des messages frauduleux effacent volontairement : Chronopost peut, dans un cas précis, réclamer un paiement légitime — mais jamais celui que décrit un SMS.

SituationFrais possiblesComment ils se règlent
Livraison en France Aucun, et aucune pièce d'identité — (toute demande est une fraude)
Colis venant de l'étranger Droits de douane, frais de dossier, exceptionnellement Sur l'espace de suivi officiel, jamais via un lien reçu par SMS ou mail
La distinction tient en un mot : France, ou étranger. Le canal de paiement, lui, ne change jamais — toujours le site tapé soi-même.

Cette nuance compte : dire « Chronopost ne demande jamais de frais » est faux dans l'absolu, et c'est précisément l'exception des droits de douane qui rend certaines victimes crédules — elles ont déjà payé ce type de frais une fois, pour un vrai colis venu d'un site étranger. La règle qui protège dans tous les cas reste la même : un frais réel, douanier ou non, se règle toujours en se rendant soi-même sur l'espace de suivi officiel avec son numéro de colis, jamais en suivant un lien reçu dans un message non sollicité. Précision qui surprend souvent : la France métropolitaine n'est pas toute la France au regard de la douane — un envoi vers ou depuis la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion ou un autre territoire d'outre-mer suit les mêmes règles qu'un envoi international, frais de douane compris.

Autre confusion entretenue volontairement : suivre un colis Chronopost ne demande ni compte-client ni mot de passe, seulement le numéro de colis — aucun besoin de créer ni d'ouvrir un espace client. Un message qui invite à se connecter à « mon compte » ou à « votre espace » pour « débloquer » une livraison détourne un réflexe pensé pour d'autres services — banque, opérateur, impôts — pas pour un transporteur, qui n'a pas besoin de vous reconnaître pour livrer, et ne vous demandera jamais votre mot de passe puisqu'il n'y en a pas. Si un colis reste bloqué plusieurs jours en acheminement et qu'une vraie réclamation devient nécessaire, elle se dépose depuis l'espace client du vendeur, avec le numéro de commande d'origine — jamais depuis un lien reçu par SMS.

Ce que devient un clic

Le formulaire ouvert depuis le lien frauduleux ne s'arrête pas au paiement affiché. Cybermalveillance.gouv.fr le décrit sans détour : les données saisies — nom complet, adresse postale et code postal, numéro de téléphone, adresse mail (ou email), et coordonnées bancaires complètes (numéro de carte, date d'expiration, cryptogramme) — « seront utilisées dans les heures ou jours qui suivent par des escrocs », le plus souvent pour une relance bien plus convaincante que la première.

  • Un appel « de votre banque », qui connaît déjà votre nom et votre adresse pour se faire passer pour un vrai conseiller — le scénario complet est détaillé dans l'arnaque au faux conseiller bancaire.
  • Un second message, bien plus personnalisé, qui réutilise les informations collectées pour paraître légitime.
  • Un débit plus important, quelques jours après le petit paiement initial, une fois la carte validée comme active.

C'est ce qui rend la somme réclamée — souvent sous les trois euros — trompeuse par sa modestie : elle n'est jamais le vrai objectif, seulement le test qui confirme que la carte fonctionne.

Vous avez déjà cliqué, ou payé

  1. Une carte et un cryptogramme ont été saisis : opposition immédiate, par l'application bancaire ou le numéro au dos de la carte, puis contestation écrite. Les articles L133-18 et L133-19 du code monétaire et financier font porter la charge de la preuve à la banque pour une opération non autorisée, pas au client. Sept signes confirment qu'une carte est réellement compromise.
  2. Un appel a suivi le paiement : qu'il connaisse votre adresse ou le détail du colis ne le rend pas plus crédible — ces informations viennent justement du formulaire rempli. Le scénario du faux conseiller bancaire explique comment couper court.
  3. Vous avez seulement ouvert le lien, sans rien saisir : aucune action bancaire n'est nécessaire ; fermez la page, et ne la rouvrez pas même « pour vérifier ».
  4. Vous préférez vérifier par téléphone : composez un numéro de téléphone trouvé vous-même — sur une facture, sur chronopost.fr — jamais celui affiché dans le SMS ou le mail reçu ; un numéro cité dans un message ne prouve jamais qu'il appartient réellement à Chronopost.
  5. Dans tous les cas : signalez le message (voir plus bas), et si de l'argent a disparu, ce que la banque doit rembourser, et sous quel délai.

Les variantes qui circulent

Le même scénario se décline sous plusieurs prétextes, repérés au fil des campagnes successives :

  • La « fausse étiquette ». Le message évoque une étiquette jugée « non conforme », qui empêcherait la livraison sans un paiement de régularisation.
  • La fenêtre de livraison à confirmer. Un créneau à valider en urgence, sous peine de retour à l'expéditeur.
  • L'absence du destinataire. Une seconde tentative annoncée, avec des frais de « redirection » à régler avant.

Les trois mènent à la même page copiée, et le même test les démasque : le numéro ou le canal d'expédition. Un mécanisme très proche — un petit paiement qui dissimule un abonnement récurrent — est décortiqué en détail, tous transporteurs confondus, dans l'arnaque au faux SMS de livraison, pour qui a déjà payé et cherche à comprendre un prélèvement inconnu.

Signaler le message

  • SMS : transférez-le gratuitement au 33700.
  • E-mail ou SMS reçu par Chronopost : transmettez-le à abuse@chronopost.fr — l'adresse que Chronopost indique elle-même sur son compte officiel pour les signalements de phishing.
  • Site frauduleux : signalez l'adresse sur Phishing Initiative, qui agit pour le faire fermer.
  • E-mail en général : Signal Spam complète le signalement.
  • De l'argent a disparu : cybermalveillance.gouv.fr et 17Cyber guident selon ce qui a été saisi, et une plainte peut être déposée.
  • Un doute persiste sur un vrai colis : le Service Clients de Chronopost répond du lundi au vendredi ; les délais annoncés pour une réclamation s'entendent toujours en jours ouvrés, jamais en jours calendaires comme le prétend parfois un message frauduleux pressé de faire agir vite.

Gardez une capture d'écran du message avant de le supprimer : la banque peut la demander pour instruire une contestation.

Questions fréquentes

Comment savoir si un SMS vient vraiment de Chronopost ?

Un avis de livraison légitime de Chronopost arrive depuis le numéro court 38004, jamais depuis un numéro mobile classique en 06 ou 07. Un SMS reçu d'un numéro ordinaire, même s'il affiche le mot « Chronopost », ne vient pas du transporteur.

J'ai reçu un message Chronopost sur WhatsApp, est-ce possible ?

Non. Chronopost ne notifie jamais une livraison par WhatsApp : ce canal seul suffit à démasquer une tentative de fraude, avant même de lire le contenu du message.

Chronopost peut-il réclamer des frais de douane ?

Oui, mais seulement pour un colis venant de l'étranger, et jamais par un lien reçu en SMS ou par mail : ces frais se règlent sur l'espace de suivi officiel, atteint en tapant chronopost.fr soi-même. Pour une livraison en France, Chronopost ne demande ni pièce d'identité ni frais supplémentaire, hors exception de dossier documentée.

J'ai déjà payé les quelques euros réclamés, que faire ?

Faites opposition sur la carte dans l'heure, par l'application bancaire ou le numéro au dos de la carte, puis contestez l'opération par écrit. La somme réclamée semble minime, mais elle ne sert qu'à valider que la carte fonctionne avant un débit plus important.

Comment signaler un faux SMS ou mail Chronopost ?

Transférez le SMS au 33700, ou transmettez le mail à abuse@chronopost.fr : c'est l'adresse que Chronopost indique elle-même sur son compte officiel pour les signalements. Un site frauduleux se signale en plus sur Phishing Initiative, qui agit pour le faire fermer.

Pourquoi recevoir ce message alors que je n'attends aucun colis ?

Ces envois sont massifs et ne ciblent personne en particulier : votre adresse ou votre numéro figurent dans une liste diffusée au hasard. Ne rien attendre comme colis est justement le signal le plus simple pour écarter le message sans hésiter.

Sources

À lire aussi : le faux SMS de livraison · l'arnaque au faux conseiller bancaire · vérifier un lien suspect.

EA

Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient d'un SMS reçu sur mon propre téléphone : numéro en 06, « Chronopost » en nom affiché, lien vers une page qui ressemblait à s'y tromper au vrai site. En savoir plus.

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