↑ Ce conseil fait partie du guide : Arnaques et hameçonnage
Comment reconnaître une arnaque à l'investissement ou à la crypto ?
Trois signes suffisent : c'est eux qui vous ont contacté, un rendement rapide est promis, et le retrait de vos gains exige de nouveaux frais. La plateforme affiche des bénéfices qui n'existent pas. Vérifiez toujours la société sur les registres de l'Autorité des marchés financiers et sur sa liste noire avant tout versement.
Le déroulé, invariable
- Le contact. Une publicité sur un réseau social, parfois avec le visage d'une personnalité connue ; un message sur une application de rencontre ; ou un appel après avoir rempli un formulaire de « simulation ».
- Le petit dépôt. 250 €, souvent. Un « conseiller » très disponible vous accompagne, par téléphone et par messagerie.
- Les gains à l'écran. La plateforme affiche une progression rapide. Elle est entièrement pilotée par l'escroc : ce ne sont que des chiffres dans une page.
- Le premier retrait autorisé. Petite somme, versée réellement. C'est l'investissement de l'escroc : elle achète votre confiance et déclenche les virements importants.
- Les montants augmentent, parfois avec un crédit à la consommation suggéré, ou une aide pour « débloquer » votre épargne.
- Le retrait bloqué. Il faut payer des « frais de conversion », une « caution », un « impôt à la source ». Chaque paiement en appelle un autre.
- Le silence, puis quelques mois plus tard, l'appel du « récupérateur de fonds ».
Ce qui trahit, dès le premier échange
- C'est eux qui vous ont contacté. Aucun établissement autorisé ne démarche par message privé ni par publicité avec une promesse de rendement.
- Un rendement chiffré et rapide. Une promesse de gain garanti est, en soi, l'indice décisif.
- Une aide pour installer un logiciel de prise en main « pour vous accompagner ». À ce moment-là, l'escroc voit votre banque en ligne — c'est l'arnaque décrite dans le faux support technique.
- L'urgence : une « fenêtre » qui se ferme, une opportunité qui expire ce soir.
- Le secret : ne pas en parler à son conseiller bancaire, qui « voudra sa part ».
La vérification qui prend deux minutes
Avant tout versement : vérifiez que la société figure sur les registres officiels des prestataires autorisés tenus par l'Autorité des marchés financiers et l'Autorité de contrôle prudentiel, et consultez leur liste noire des sites et entités non autorisés. Le nom d'une société connue peut être usurpé : comparez aussi l'adresse du site, un caractère près.
Si l'on vous demande de virer sur un compte au nom d'un particulier ou vers un IBAN étranger sans rapport avec la société, il n'y a plus rien à vérifier.
L'argent est parti : que faire maintenant
- Arrêtez immédiatement tout versement supplémentaire, y compris les frais présentés comme la condition du retrait.
- Prévenez votre banque le jour même et demandez un rappel de fonds sur les virements récents : voir se faire rembourser par sa banque.
- Coupez l'accès à distance si un logiciel de prise en main a été installé, et faites vérifier la machine : elle a peut-être servi à autre chose. Voir mon ordinateur a été piraté.
- Rassemblez le dossier : relevés, adresse du site, nom du « conseiller », numéros, conversations, adresses de portefeuilles si c'était de la cryptomonnaie.
- Portez plainte et signalez le site à l'AMF, qui alimente la liste noire.
Le deuxième piège : les récupérateurs de fonds
Ils appellent quelques semaines après, parfois en se présentant comme un cabinet d'avocats, une agence de recouvrement, voire une autorité officielle. Ils connaissent votre dossier — pour une bonne raison : la liste des victimes se revend. Ils demandent des frais d'avance, une provision, une « caution judiciaire ».
Aucune autorité ne démarche les victimes et ne réclame de frais préalables. Si vous avez déjà payé une de ces provisions, ajoutez-la à la plainte : c'est une escroquerie distincte.
Questions fréquentes
Les gains affichés sur mon compte existent-ils ?
Non. L'interface est entièrement contrôlée par l'escroc : les chiffres sont décoratifs. Seuls les virements que vous avez réellement faits ont existé.
On me demande de payer des frais pour débloquer mon retrait ?
C'est la signature de l'arnaque. Aucun retrait légitime ne se conditionne à un paiement préalable. Chaque frais payé en appellera un autre.
Comment vérifier qu'une plateforme est autorisée ?
En consultant les registres officiels des prestataires agréés et la liste noire publiée par l'Autorité des marchés financiers. Vérifiez le nom exact et l'adresse du site : l'usurpation d'un nom connu est courante.
J'ai donné accès à mon ordinateur pendant l'opération ?
Considérez la machine comme compromise : changez vos mots de passe depuis un autre appareil, prévenez votre banque, et faites vérifier l'ordinateur avant de l'utiliser pour des opérations sensibles.
À lire aussi : l'arnaque sentimentale · le faux support technique · se faire rembourser par sa banque.
Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d'un manuel. En savoir plus.
Des paiements que vous n'avez pas faits ?
Diagnostic gratuit au téléphone (15 minutes), et une réponse claire en cinq minutes.