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Fiche pratique

Mode sans échec Windows 11 : comment y entrer, et comment en sortir

Vous cherchez à démarrer en mode sans échec pour retirer un programme qui résiste, et F8 ne répond pas. Voici les trois routes qui marchent sous Windows 11, laquelle des touches 4, 5 ou 6 choisir, et comment ressortir d’un mode où l’on reste parfois coincé sans comprendre pourquoi.

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↑ Ce conseil fait partie du guide : Ordinateur et appareils piratés

Comment démarrer Windows 11 en mode sans échec ?

Maintenez la touche Maj enfoncée, cliquez sur Redémarrer, puis suivez Dépannage, Options avancées, Paramètres de démarrage, Redémarrer, et appuyez sur la touche 4. La touche F8 ne répond plus depuis Windows 8 : Microsoft l’a remplacée par cet écran bleu. Pour ressortir du mode sans échec, un redémarrage normal suffit.

  1. Maj enfoncée, puis clic sur Redémarrer
  2. Dépannage, Options avancées, Paramètres de démarrage
  3. Redémarrer, puis la touche 4 ou 5
  4. Désinstaller, analyser, supprimer le fichier bloqué
  5. Redémarrer normalement pour en sortir

La touche F8 ne répond plus, et ce n’est pas une panne

C’est le premier malentendu, et il fait perdre un quart d’heure à tout le monde. Sur un ordinateur récent, taper F8 en rafale pendant le démarrage de Windows ne donne rien : ni menu, ni liste d’options. Le vieux menu Options de démarrage avancées existe toujours dans le code, mais il est désactivé par défaut depuis Windows 8. La raison est mesurable : le démarrage rapide et les disques SSD ont réduit la fenêtre d’écoute du clavier à quelques dizaines de millisecondes. Microsoft a donc rangé le mode sans échec ailleurs, dans l’environnement de récupération Windows — cet écran bleu intitulé « Choisir une option », qui se pilote à la souris et qui, lui, attend.

Illustration : redémarrer Windows en mode sans échec
La touche F8 est désactivée depuis Windows 8 : le mode sans échec passe maintenant par l'écran bleu « Choisir une option ».

On peut remettre l’ancien menu, et c’est utile sur une machine qu’on dépanne souvent. Une seule ligne dans une invite de commandes ouverte en administrateur :

bcdedit /set {default} bootmenupolicy legacy

Au prochain redémarrage, F8 répond de nouveau. Pour revenir à l’état d’usine : la même commande avec standard à la place de legacy. Le revers : ce réglage peut faire réclamer la clé du chiffrement BitLocker plus souvent. Sur une machine personnelle, les trois routes ci-dessous suffisent.

Le mode sans échec, en une phrase

Windows démarre avec le minimum vital : pilotes génériques de l’écran, du clavier, du disque et de la souris, aucun programme de la liste de démarrage, la plupart des services à l’arrêt. L’écran est en basse résolution, le fond est noir, et la mention Mode sans échec s’affiche dans les quatre coins. C’est normal : rien n’est cassé.

Les trois routes pour démarrer en mode sans échec

Elles ne s’adressent pas aux mêmes situations. La première quand Windows démarre encore, la deuxième quand on veut y rester plusieurs redémarrages d’affilée, la troisième quand la machine ne va plus jusqu’au bureau.

RouteQuand l’utiliserDurée
Maj + RedémarrerWindows démarre normalement2 minutes
msconfigPlusieurs redémarrages à faire en mode sans échec3 minutes
Deux démarrages interrompusWindows ne va plus jusqu’au bureau5 minutes

1. Maj + Redémarrer, la route courte

  1. Ouvrez le Menu Démarrer, cliquez sur l’icône d’alimentation.
  2. Maintenez la touche Maj enfoncée et cliquez sur Redémarrer. Gardez Maj enfoncée jusqu’à l’écran bleu.
  3. Dépannage → Options avancées → Paramètres de démarrage → Redémarrer.
  4. La machine redémarre sur une liste numérotée. Appuyez sur 4, ou sur 5 si vous avez besoin d’Internet.

Le même écran bleu s’atteint depuis l’écran de connexion, avant même d’avoir tapé un mot de passe : icône d’alimentation en bas à droite, Maj enfoncée, Redémarrer. Et par les Paramètres de Windows 11 : Système → Récupération → Démarrage avancé → Redémarrer maintenant. Une variante en une ligne, pour qui a déjà une invite de commandes ouverte : shutdown /r /o /f /t 0 redémarre directement dans l’environnement de récupération.

2. msconfig, quand il faut y rester

La route précédente ne vaut que pour un seul démarrage. Pour désinstaller un logiciel récalcitrant, lancer une analyse complète puis redémarrer sans tout refaire, on verrouille le mode sans échec dans la configuration du système :

  1. Windows + R, tapez msconfig, validez.
  2. Onglet Démarrer, cochez Démarrage sécurisé, laissez Minimal sélectionné (ou Réseau pour garder la connexion).
  3. Appliquer, OK, puis Redémarrer.

Tant que la case reste cochée, chaque démarrage se fait en mode sans échec. C’est précisément pour ça qu’il faut la décocher ensuite, et c’est la cause numéro un des machines « bloquées » que je vois arriver sur ce sujet.

3. Deux démarrages interrompus, quand rien ne démarre

Si Windows tourne en boucle sur son logo ou affiche un écran bleu d’erreur, on provoque l’environnement de récupération. La documentation de Microsoft est précise : il se déclenche après deux tentatives consécutives de démarrage échouées, ou deux arrêts inattendus dans les deux minutes qui suivent le démarrage.

  1. Allumez la machine ; dès que le logo du constructeur ou de Windows apparaît, appuyez sur le bouton d’alimentation une dizaine de secondes jusqu’à l’extinction.
  2. Recommencez une fois. Au démarrage suivant, Windows affiche « Préparation de la réparation automatique ».
  3. Choisissez Options avancées, puis Dépannage → Options avancées → Paramètres de démarrage.
Avant cette troisième route : votre clé BitLocker

Passer par l’environnement de récupération sur un disque chiffré fait apparaître une demande de clé de récupération à 48 chiffres. Sur beaucoup de PC vendus avec Windows 11, le chiffrement de l’appareil est actif sans que personne l’ait demandé. Récupérez la clé avant de couper le courant, depuis un autre appareil, sur votre compte Microsoft — la marche à suivre pour retrouver une clé BitLocker est détaillée ici. Sans elle, la machine ne redémarrera pas.

Les touches 4, 5 et 6 : laquelle choisir

L’écran Paramètres de démarrage propose neuf lignes numérotées. Sur certains claviers d’ordinateur portable, il faut utiliser F4, F5 et F6 au lieu des chiffres. Trois lignes nous intéressent.

ToucheCe qu’elle lancePour quoi faire
4 ou F4Mode sans échecDésinstaller, supprimer un fichier, retirer un pilote
5 ou F5Mode sans échec avec mise en réseauMettre l’antivirus à jour, télécharger un outil
6 ou F6Mode sans échec avec invite de commandesQuand le bureau lui-même refuse de s’afficher

Le choix par défaut est 4. On prend 5 dans un seul cas de figure, mais il est fréquent : Microsoft Defender et les antivirus tiers fonctionnent en mode sans échec, en revanche ils n’y mettent pas à jour leurs signatures sans réseau. Lancer une analyse sur des définitions vieilles de trois semaines, c’est chercher une menace que l’outil ne connaît pas encore.

Deux précisions que personne n’écrit. Windows Update ne tourne pas en mode sans échec, même avec le réseau : inutile d’espérer y installer une mise à jour. Et l’assistance à distance ne passe pas en mode sans échec minimal — les logiciels de prise en main ont besoin du réseau et de services arrêtés dans ce mode. C’est l’autre raison de choisir la touche 5 quand on se fait accompagner au téléphone.

Un ordinateur portable ouvert sur un bureau en bois, carnet et stylo posés à côté
Sur l’écran des Paramètres de démarrage, la touche 5 garde Internet : c’est celle qu’il faut pour mettre l’antivirus à jour avant l’analyse.

Sortir du mode sans échec, et le cas « je suis bloqué dedans »

Dans le cas normal, il n’y a rien à faire : Menu Démarrer → Alimentation → Redémarrer, et Windows revient en mode complet. La mention dans les coins disparaît, la résolution d’écran reprend sa valeur, les icônes retrouvent leur taille.

Si la machine repart en mode sans échec au redémarrage suivant, puis encore au suivant, la cause est presque toujours la même : la case Démarrage sécurisé de msconfig est restée cochée. Elle peut l’avoir été par vous, par un tutoriel suivi à moitié, ou par un utilitaire de nettoyage.

  1. Windows + R, msconfig, onglet Démarrer.
  2. Décochez Démarrage sécurisé, cliquez sur Appliquer puis OK.
  3. Acceptez le redémarrage proposé.

Quand msconfig refuse de s’ouvrir — ça arrive quand c’est justement un programme indésirable qui a posé le réglage —, la même chose se fait en ligne de commande, dans une invite de commandes en administrateur :

bcdedit /deletevalue {default} safeboot
shutdown /r /t 0

La réponse « L’opération a réussi. » veut dire que l’entrée de démarrage est nettoyée. Le message « L’élément de données spécifié n’a pas été trouvé. » est une bonne nouvelle aussi : il n’y avait rien à retirer, et le mode sans échec vient d’ailleurs — regardez alors du côté du Gestionnaire des tâches et des stratégies posées dans le registre.

Le piège du code PIN

En mode sans échec, Windows Hello ne fonctionne pas : ni code PIN, ni empreinte, ni reconnaissance du visage. L’écran de connexion réclame le mot de passe complet de votre compte Microsoft — celui que beaucoup de gens n’ont jamais retapé depuis l’achat de la machine. Allez le chercher avant de redémarrer, sinon vous entrez dans un mode où vous ne pouvez plus ouvrir votre session. Si vous ne l’avez plus, reprendre la main sur un compte dont le mot de passe est perdu commence par la boîte mail de secours.

Quand le mode sans échec refuse de s’ouvrir

Quatre blocages reviennent régulièrement, et chacun a sa parade.

  • L’écran bleu n’affiche pas « Paramètres de démarrage ». La partition de récupération est désactivée ou absente. Dans une invite de commandes en administrateur, reagentc /info répond alors « État Windows RE : Disabled ». La commande reagentc /enable la réactive quand la partition existe encore.
  • Écran noir après avoir appuyé sur 4. Le pilote d’affichage ne se charge pas. Reprenez la séquence et choisissez la touche 3, Activer la vidéo basse résolution : elle force un affichage générique et permet au moins de désinstaller la carte graphique dans le Gestionnaire de périphériques.
  • Clavier ou souris morts. Normal : seuls les pilotes USB génériques sont chargés. Un clavier filaire branché sur un port USB à l’arrière du boîtier passe presque toujours ; les claviers sans fil à dongle propriétaire et les stations d’accueil, rarement.
  • La machine réclame la clé BitLocker. Ce n’est pas un défaut, c’est la protection qui fait son travail : modifier la séquence de démarrage invalide le scellement. La clé à 48 chiffres se trouve sur le compte Microsoft, sur un compte professionnel, ou sur la feuille imprimée au moment de l’activation.

Si deux de ces cas se cumulent, arrêtez-vous là : les redémarrages forcés à répétition ne sont pas sans risque pour un disque dur mécanique fatigué. Un PC qui s’éteint tout seul relève d’un autre diagnostic.

Ce qu’on fait vraiment en mode sans échec

Le mode sans échec n’est pas un antivirus : c’est un établi. Il sert à travailler sur une machine qui ne se défend plus. Quatre usages, par ordre de fréquence dans l’atelier.

  1. Désinstaller un programme qui refuse de partir. Paramètres → Applications → Applications installées. Un logiciel publicitaire ou un faux outil d’optimisation qui renvoie une erreur en mode normal se désinstalle souvent sans broncher ici, parce que son processus de surveillance ne tourne pas.
  2. Supprimer un fichier verrouillé. Le message « Le fichier est ouvert dans un autre programme » disparaît quand le programme en question n’a pas démarré. Même logique pour un dossier qu’on ne peut pas vider en session normale.
  3. Lancer une analyse complète. Avec le réseau (touche 5), on met l’antivirus à jour, puis on analyse. Sécurité Windows fait le travail de base ; un second avis gratuit se prend avec la version d’essai de Malwarebytes. Avant d’exécuter quoi que ce soit de téléchargé, faites analyser le fichier : la zone est pleine de faux outils de nettoyage.
  4. Retirer un pilote fautif. devmgmt.msc ouvre le Gestionnaire de périphériques ; clic droit sur le matériel, Désinstaller l’appareil, en cochant la suppression du pilote. Windows réinstalle un pilote générique au redémarrage.

La restauration du système (rstrui) est le cinquième outil, et le plus mal utilisé : elle ramène le registre et les programmes à une date antérieure, mais pas les fichiers posés depuis. Et aucun point de restauration n’est créé en mode sans échec. On l’utilise après l’analyse, jamais avant.

Ce que le mode sans échec ne règle pas

C’est la partie qui manque dans la plupart des tutoriels, et c’est celle qui coûte du temps. Démarrer en mode sans échec empêche un programme de tourner ; ça ne l’empêche pas d’exister.

  • Une tâche planifiée reste planifiée. Le Planificateur de tâches n’est pas effacé par un démarrage minimal. Au premier démarrage normal, la tâche repart et remet tout en place. On la cherche avec schtasks /query /fo LIST /v, ou avec Autoruns, l’utilitaire de Microsoft qui liste d’un coup tout ce qui se lance.
  • Un code chargé avant Windows est déjà passé. Un rootkit installé dans le démarrage se charge avant le noyau : le mode sans échec arrive trop tard pour le voir. L’outil adapté est l’analyse Microsoft Defender hors ligne, qui travaille un quart d’heure avant Windows. C’est souvent ce qui explique une menace que l’antivirus semble ne jamais supprimer.
  • Une extension de navigateur ne bouge pas. Elle vit dans le profil de Chrome ou de Firefox, pas dans la liste de démarrage de Windows. Le mode sans échec n’y change rien : il faut ouvrir la page des extensions et retirer la ligne.
  • Certains services se déclarent compatibles. Un service peut s’inscrire dans la clé SafeBoot\Minimal du registre pour démarrer aussi en mode sans échec. C’est rare, mais c’est exactement ce que font les programmes les plus tenaces.
  • Les comptes restent exposés. Nettoyer la machine ne change pas les identifiants déjà partis. Si un logiciel espion a tourné, les mots de passe se changent depuis un autre appareil sain, en commençant par la boîte mail et en activant la double authentification : l’ordre complet est dans la fiche « mon ordinateur a été piraté ».

Et la décision de tout reprendre à zéro ne se prend pas en mode sans échec à une heure du matin : quand une réinstallation de Windows a un sens, sauvegarde comprise, c’est détaillé ailleurs.

Quand s’arrêter et appeler

Trois situations où un appel vaut mieux qu’une septième tentative : la machine qui revient en mode sans échec alors que la case msconfig est décochée, la demande de clé BitLocker sans clé sous la main, et l’analyse qui trouve puis retrouve la même menace à chaque démarrage.

Le diagnostic est gratuit, 15 minutes au téléphone : vous me décrivez ce qui s’affiche, et je vous dis s’il y a du travail ou non. Si oui, l’assistance à distance débute à 19 € la demi-heure — avec le réseau, donc touche 5 — et le nettoyage d’une machine infectée à 39 €. Déroulé et tarifs affichés d’avance, ou décrivez votre situation par écrit.

Questions fréquentes

Comment savoir si je suis bien en mode sans échec ?

La mention Mode sans échec s’affiche dans les quatre coins de l’écran, le fond d’écran est remplacé par du noir, et la résolution est basse : les icônes paraissent énormes. Si ces trois signes manquent, vous avez démarré normalement.

Le mode sans échec supprime-t-il mes fichiers ?

Non. Aucun document, aucune photo, aucun programme installé n’est touché. Windows se contente de ne pas charger ce qui n’est pas indispensable. Vos fichiers personnels restent accessibles comme d’habitude dans l’explorateur.

Puis-je accéder à Internet en mode sans échec ?

Seulement avec la touche 5, Mode sans échec avec mise en réseau. Et même là, le Wi-Fi d’un portable échoue parfois : le pilote de la carte sans fil n’est pas toujours chargé. Un câble réseau règle la question.

Combien de fois faut-il interrompre le démarrage ?

Deux suffisent d’après la documentation de Microsoft : deux tentatives consécutives échouées déclenchent l’environnement de récupération. En pratique, comptez-en une troisième si la réparation automatique ne s’affiche pas.

Mon antivirus dit « aucune menace » en mode sans échec : c’est fiable ?

À moitié. Si l’analyse a tourné sans réseau, les signatures n’étaient pas à jour, et un code chargé avant Windows reste invisible de toute façon. Refaites une analyse Microsoft Defender hors ligne avant de conclure.

À lire aussi : le Gestionnaire des tâches désactivé par « votre administrateur » · le profil temporaire de Windows · un PC lent, virus ou usure.

EA

Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d’un manuel. En savoir plus.

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