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Fiche pratique

Faut-il installer les mises à jour tout de suite ?

« J'ai peur que ça casse quelque chose » est la première raison pour laquelle les mises à jour ne sont pas faites — et c'est la première porte d'entrée des piratages. Voici comment arbitrer, sans slogan.

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↑ Ce conseil fait partie du guide : Ordinateur et appareils piratés

Faut-il installer les mises à jour de sécurité immédiatement ?

Oui pour les mises à jour de sécurité du système, du navigateur et de l'antivirus : installez-les dans les jours qui suivent. Pour une nouvelle version majeure, attendez deux à trois semaines et sauvegardez avant. Le risque d'une régression est réel mais réparable ; une faille non corrigée, elle, est exploitée par des robots.

Ce qu'une mise à jour corrige réellement

On confond deux choses très différentes sous le même mot.

  • Le correctif de sécurité. Il bouche un trou précis, déjà publié, souvent déjà exploité. Il ne change rien à l'apparence ni au fonctionnement. C'est 90 % de ce que vous installez, et c'est celui qui n'attend pas.
  • La nouvelle version majeure. Elle change l'interface, ajoute des fonctions, retire parfois des choses. C'est elle qui « casse » — presque jamais le correctif.

Le point que personne n'explique : une faille devient dangereuse au moment où elle est corrigée, pas avant. Le correctif est public, donc analysable : des outils automatisés en déduisent le trou et balaient le web à la recherche de machines non mises à jour, souvent dans les jours qui suivent. Retarder une mise à jour de sécurité, c'est rester sur une liste de cibles connues et documentées.

C'est pour ça que, sur les machines que je nettoie, la cause première n'est presque jamais une attaque sophistiquée : c'est un logiciel qui n'avait pas été mis à jour depuis des mois.

Ce qu'il faut mettre à jour en priorité

Par ordre de rendement, du plus rentable au moins urgent :

  1. Le navigateur. C'est lui qui ouvre tout ce qui vient de l'extérieur. Il se met à jour au redémarrage : fermez-le vraiment de temps en temps, un navigateur laissé ouvert trois semaines reste sur son ancienne version.
  2. Le système — Windows, macOS, Android, iOS — pour les correctifs de sécurité mensuels.
  3. L'antivirus, qui se met à jour plusieurs fois par jour sans rien demander.
  4. Les logiciels exposés : lecteur PDF, suite bureautique, outil de visioconférence, tout ce qui ouvre des fichiers reçus.
  5. La box et les objets connectés, qu'on oublie toujours. Voir régler ses objets connectés.
  6. Le site internet, s'il y en a un — c'est le sujet de sécuriser un site WordPress.

Et une chose à ne pas mettre à jour sans raison : les pilotes matériels. Sauf problème précis ou correctif de sécurité annoncé, un pilote qui fonctionne se laisse tranquille — c'est là que les régressions font le plus de dégâts.

Illustration : une flèche circulaire au trait sur fond sombre
Une faille corrigée ne s'exploite plus. C'est la protection la moins chère qui existe.

« J'ai peur que ça casse » : ce qui est vrai là-dedans

La crainte n'est pas irrationnelle. Ce qui arrive réellement, et à quelle fréquence :

  • Un périphérique ancien qui cesse de fonctionner après une version majeure — imprimante, scanner, matériel professionnel spécifique. C'est le cas le plus fréquent, et le plus pénible.
  • Un logiciel métier incompatible : caisse, comptabilité, logiciel de gestion. Ici, la règle est simple : on demande à l'éditeur avant, jamais après.
  • Des réglages qui bougent et qu'il faut refaire.
  • Une machine qui rame après une version majeure sur du matériel ancien.

Mais remarquez que ces quatre cas concernent les versions majeures, pas les correctifs de sécurité. D'où l'arbitrage qui marche : correctifs de sécurité automatiques et immédiats ; versions majeures différées de deux à trois semaines, le temps que les problèmes remontent, et après sauvegarde.

Les trois minutes qui suppriment le risque

Une sauvegarde avant et un point de restauration transforment une mise à jour ratée en contrariété de vingt minutes. Sous Windows, la protection du système crée ce point automatiquement si elle est activée : vérifiez-le une fois, ça vaut pour toutes les fois suivantes. La méthode de sauvegarde est dans sauvegarder ses données.

Faut-il tout automatiser ?

Oui pour presque tout le monde, avec une nuance selon l'usage.

  • Un particulier : mises à jour automatiques partout, sans exception. Personne ne les fait à la main sur la durée, et le risque d'oubli dépasse de loin le risque de régression.
  • Une machine qui fait tourner une activité — caisse, atelier, logiciel métier : correctifs de sécurité automatiques, versions majeures manuelles et planifiées, idéalement testées sur un poste secondaire.
  • Réglez les heures d'activité pour que le redémarrage ne tombe pas en plein service. C'est le vrai motif de report : la mise à jour ne dérange pas, le redémarrage si.
  • Ne reportez pas indéfiniment. « Plus tard » répété trois mois est le scénario réel. Si vous devez choisir, laissez le système redémarrer la nuit.

Quand la mise à jour n'existe plus : la fin de support

C'est le cas le plus grave et le moins compris. Un système ou un appareil en fin de support ne reçoit plus aucun correctif : chaque faille découverte y reste ouverte pour toujours. L'appareil continue de fonctionner, et c'est exactement ce qui trompe.

  • Un ordinateur sous un Windows abandonné reste utilisable hors ligne, mais ne devrait plus servir pour la banque, les achats, ni la messagerie.
  • Un téléphone qui ne reçoit plus de mises à jour — souvent trois à cinq ans après sa sortie — devient un mauvais support pour les applications bancaires.
  • Un objet connecté abandonné se sort du réseau, c'est la seule réponse.
  • Un logiciel métier sur une version abandonnée : c'est une discussion à avoir avec l'éditeur, et une ligne de budget à prévoir.

La question utile à l'achat n'est donc pas « est-il sécurisé ? » mais « combien d'années de mises à jour sont garanties ? ». Les fabricants sérieux répondent ; les autres ne répondent pas, et c'est déjà une réponse.

Si une mise à jour s'est mal passée

  1. Ne coupez jamais l'alimentation pendant une installation qui semble bloquée. Un pourcentage figé une heure est normal sur une grosse mise à jour ; couper pendant l'écriture, c'est ce qui casse vraiment.
  2. Redémarrez une fois, complètement. Beaucoup de problèmes se règlent là.
  3. Désinstallez la mise à jour : Windows permet de revenir en arrière sur une mise à jour de qualité, et sur une version majeure pendant une période limitée après l'installation. C'est justement pour ça qu'il ne faut pas attendre un mois pour signaler un problème.
  4. Restaurez le point de restauration si vous en aviez un.
  5. Pour un périphérique qui ne répond plus, cherchez un pilote à jour sur le site du fabricant — pas sur un site de téléchargement tiers, qui est l'un des vecteurs d'infection les plus courants : voir comment les pirates trouvent vos mots de passe.

Si la machine ne démarre plus ou si un logiciel professionnel est bloqué, le diagnostic de quinze minutes au téléphone est gratuit et permet souvent de dire si c'est réparable à distance. Le cas échéant, l'assistance à distance démarre à 19 € la demi-heure ; les tarifs sont sur la page tarifs.

Où ça se règle, écran par écran

Les réglages sont éparpillés, et c'est la vraie raison pour laquelle ils ne sont pas faits. Voici où aller, une fois.

  • Windows : Paramètres, Windows Update. Activez « Recevoir les mises à jour d'autres produits Microsoft », réglez les heures d'activité pour que le redémarrage ne tombe pas en plein travail, et vérifiez « Options avancées » pour les correctifs facultatifs. La page indique aussi la date de fin de support de votre version.
  • macOS : Réglages, Général, Mise à jour de logiciels ; ouvrez « Mises à jour automatiques » et laissez au minimum les réponses de sécurité activées.
  • Android : Paramètres, Système, Mise à jour du système ; et séparément, dans le magasin d'applications, activez la mise à jour automatique des applications. Les deux sont distincts, c'est l'oubli classique.
  • iPhone : Réglages, Général, Mise à jour logicielle, puis « Mises à jour automatiques », en laissant les réponses de sécurité activées.
  • Navigateur : il se met à jour à la fermeture complète. Un navigateur jamais fermé reste sur son ancienne version : le menu « À propos » force la vérification.
  • La box : dans son interface, section micrologiciel, à vérifier une fois par an.

Vérifier qu'on est réellement à jour

« Votre appareil est à jour » n'est pas toujours vrai : un téléphone peut afficher ce message alors que le fabricant a cessé de livrer des correctifs depuis deux ans.

  1. Sur un téléphone, cherchez la date du correctif de sécurité, distincte du numéro de version : Paramètres, À propos du téléphone. Si elle remonte à plus de six mois, l'appareil n'est plus suivi, quoi qu'affiche l'écran de mise à jour.
  2. Sur Windows, la page Windows Update affiche la date de la dernière installation réussie ; l'historique liste ce qui a échoué, et une mise à jour qui échoue en boucle depuis des mois est un problème silencieux très courant.
  3. Vérifiez la version de votre navigateur dans son menu « À propos ».
  4. Pour les logiciels installés à la main — lecteur PDF, outils de compression, utilitaires — personne ne les suit : faites le tour une fois par an et désinstallez ce qui ne sert plus. Un logiciel désinstallé n'a plus de faille.
Le piège de la fausse mise à jour

Une fenêtre qui surgit pendant la navigation pour annoncer une mise à jour urgente du navigateur, d'un lecteur vidéo ou du système est toujours fausse. Les vraies mises à jour ne passent jamais par une page web. Fermez l'onglet ; la conduite à tenir est dans la fausse alerte antivirus.

En entreprise : planifier sans bloquer l'activité

Le raisonnement change quand une machine fait tourner une caisse, un atelier ou une comptabilité. Ce qui fonctionne dans une petite structure :

  • Deux régimes séparés : correctifs de sécurité automatiques sur tous les postes ; versions majeures planifiées, hors période d'activité, après accord de l'éditeur du logiciel métier.
  • Un poste pilote : la nouvelle version passe d'abord sur une machine qui n'est pas critique. Une semaine suffit à révéler les incompatibilités.
  • Une sauvegarde vérifiée avant chaque campagne, pas seulement programmée — voir la sauvegarde d'une petite entreprise.
  • Un inventaire, même sur un tableur : quel poste, quel système, quelle version, quelle date de fin de support. Sans lui, personne ne sait ce qui traîne.
  • Une date de fin de support notée au calendrier : le remplacement d'un poste se budgète, il ne se découvre pas le jour où le support s'arrête.

C'est aussi ce qu'on vous demandera en cas d'incident : la question n'est jamais « avez-vous été piraté ? » mais « qu'aviez-vous mis en place avant ? ». Voir les obligations d'une TPE piratée.

Questions fréquentes

Une mise à jour peut-elle vraiment casser mon ordinateur ?

Casser le matériel, non. Rendre un périphérique ancien inutilisable ou perturber un logiciel métier, oui, et cela concerne les versions majeures, pas les correctifs de sécurité. Une sauvegarde et un point de restauration ramènent le risque à vingt minutes de manipulation.

Puis-je ignorer les mises à jour si j'ai un antivirus ?

Non, ce sont deux protections différentes. L'antivirus détecte des programmes malveillants connus ; la mise à jour supprime le trou par lequel ils entrent. Un système non mis à jour reste attaquable même avec la meilleure protection installée.

Mon téléphone ne reçoit plus de mises à jour, est-ce grave ?

C'est un vrai problème s'il sert pour la banque, les achats ou la messagerie principale : chaque faille découverte y reste ouverte définitivement. L'appareil peut continuer à servir pour des usages sans compte sensible, mais il ne devrait plus être le support de votre identité numérique.

Faut-il installer une nouvelle version majeure dès sa sortie ?

Attendez deux à trois semaines, le temps que les problèmes remontent, et sauvegardez avant. En revanche n'attendez pas les correctifs de sécurité mensuels : ce sont eux qui bouchent les trous réellement exploités.

Comment mettre à jour un logiciel professionnel sans risque ?

Demandez à l'éditeur la compatibilité avec votre version de système avant toute mise à jour majeure, et faites une sauvegarde complète des données du logiciel. Si l'activité en dépend, testez d'abord sur un poste secondaire.

Mon téléphone dit qu'il est à jour, est-ce fiable ?

Pas toujours. Cherchez la date du correctif de sécurité dans Paramètres, À propos du téléphone : elle est distincte du numéro de version. Si elle remonte à plus de six mois, le fabricant ne suit plus l'appareil, quel que soit le message affiché.

Une fenêtre me propose une mise à jour urgente pendant ma navigation ?

Elle est fausse, sans exception. Les vraies mises à jour ne passent jamais par une page web : elles viennent du système ou du logiciel lui-même. Fermez l'onglet sans cliquer, et vérifiez vous-même dans les réglages si un doute subsiste.

À lire aussi : sécuriser un site WordPress · antivirus payant ou Windows Defender · sauvegarder ses données.

EA

Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d'un manuel. En savoir plus.

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