Aller au contenu
Vous pensez être piraté en ce moment ?Piraté en ce moment ? Diagnostic gratuit, réponse immédiate au téléphone — 07 51 13 37 69
Fiche pratique

Enfants et jeux en ligne : les arnaques et les bons réglages

Les arnaques qui visent les enfants ne ressemblent pas à celles qui visent leurs parents : elles passent par les jeux, la monnaie virtuelle et les messages privés. Voici ce qui circule vraiment, et les réglages qui comptent, par âge.

Partager

↑ Ce conseil fait partie du guide : Arnaques et hameçonnage

Comment protéger ses enfants des arnaques en ligne ?

Mettez un mot de passe sur les achats, activez la double authentification sur les comptes de jeu et la messagerie, et limitez les messages privés aux amis. Expliquez surtout la règle qui compte : aucun générateur de monnaie virtuelle gratuite n'existe, et on ne donne jamais son mot de passe à un joueur.

Ce qui vise réellement les enfants

Les arnaques bancaires classiques ne les concernent pas : ils n'ont pas de compte. Ce qui les vise passe par ce qu'ils possèdent — un compte de jeu, des objets virtuels, une réputation en ligne. Les quatre formes que je vois le plus souvent :

  • Le faux générateur de monnaie virtuelle. Un site ou une vidéo promet des crédits gratuits pour un jeu populaire. Il demande le nom du compte, puis « une vérification humaine » : installer une application, donner un numéro de téléphone, ou saisir les identifiants. Aucun générateur n'a jamais fonctionné : la monnaie virtuelle est créée par l'éditeur, personne d'autre ne peut en produire.
  • L'échange qui tourne mal. Un joueur propose un objet rare contre un autre, ou contre une connexion « pour vérifier ». Le compte change de mains en quelques minutes.
  • Le lien envoyé dans un salon de discussion — sur une plateforme de jeu ou une messagerie communautaire — qui mène à une fausse page de connexion. C'est le même mécanisme que l'hameçonnage classique, avec un habillage de jeu.
  • Le chantage à l'image. Plus rare mais beaucoup plus grave, il touche surtout les adolescents. La démarche est la même que pour un adulte : ce qu'il faut faire et ne pas faire. Ne pas payer, ne pas supprimer les preuves, et en parler à un adulte tout de suite.

Le point commun : l'appât n'est pas l'argent, c'est une récompense dans le jeu ou un statut. C'est pour ça que les mises en garde formulées en termes d'argent ne les touchent pas.

Les achats intégrés : le poste de dépense qui surprend

Ce n'est pas du piratage, mais c'est la première mauvaise surprise en volume. Les jeux gratuits se financent par des achats de monnaie virtuelle, et le paiement est enregistré : l'enfant n'a rien à ressaisir.

  1. Exigez un mot de passe ou une empreinte pour chaque achat. Sur iPhone et iPad, c'est dans le Temps d'écran, rubrique Achats. Sur Android, dans les réglages du magasin d'applications, authentification pour les achats. Sur console, un code parental sur le compte.
  2. Préférez les cartes prépayées à la carte bancaire enregistrée. Le budget est fixé à l'avance, et la discussion est réglée.
  3. Activez les notifications d'achat par courrier électronique sur le compte parent.
  4. Un achat contesté peut faire l'objet d'un remboursement auprès de la plateforme, surtout s'il s'agit d'un mineur et d'une série d'achats rapprochés. C'est à demander dans les jours qui suivent, par le formulaire de la plateforme, avant toute opposition bancaire.
Le réglage qui règle la moitié des dossiers

Retirer le moyen de paiement enregistré du compte utilisé par l'enfant, et créer un compte enfant distinct rattaché au compte parent. Sur toutes les grandes plateformes, cette configuration existe, elle est gratuite, et elle donne au parent un droit de validation sur les téléchargements comme sur les achats.

Illustration : deux silhouettes, une grande et une petite, au trait
L'appât n'est pas l'argent : c'est une récompense dans un jeu, ou un compte rare.

Sécuriser les comptes de jeu : trois réglages

  • Une adresse mail dédiée pour les comptes de jeu, différente de celle de l'école et de celle des parents. Si elle fuite, rien d'autre ne suit.
  • La double authentification sur le compte de jeu et sur la messagerie associée. Toutes les grandes plateformes la proposent, souvent en récompensant son activation par un objet dans le jeu — c'est l'argument qui marche auprès d'un enfant. Voir comment elle fonctionne.
  • Un mot de passe unique, différent de celui du portable et de l'école. Les comptes de jeu sont massivement visés par la réutilisation, expliquée dans comment les pirates trouvent les mots de passe.

Si un compte est déjà pris, la marche à suivre ressemble à celle d'un compte adulte : formulaire officiel de récupération, preuve d'achat ou date de création, et surtout ne pas passer par un « hacker » qui propose de le récupérer — c'est une seconde arnaque, documentée dans les faux hackers. Beaucoup d'éditeurs restaurent aussi les objets perdus après un vol de compte, si la demande est faite rapidement.

Messages privés et contacts : le réglage le plus utile

La porte d'entrée n'est pas le jeu, c'est la discussion. Sur les plateformes de jeu comme sur les messageries communautaires, un inconnu peut engager la conversation, puis la déplacer vers un canal privé.

  • Limitez les messages privés aux amis dans les réglages de confidentialité du jeu et de la plateforme. C'est une case, elle coupe l'essentiel des sollicitations.
  • Désactivez la découverte par numéro de téléphone sur les messageries.
  • Expliquez le déplacement de conversation : quand quelqu'un propose de continuer ailleurs, c'est presque toujours pour sortir d'un endroit modéré. C'est le signe le plus fiable, et il est compréhensible dès dix ans.
  • Apprenez le bouton signaler : où il est, et qu'il ne coûte rien. Les enfants hésitent souvent par crainte de représailles dans le jeu.

Les réglages qui servent, par tranche d'âge

Le contrôle parental fonctionne quand il est proportionné. Trop strict, il est contourné ; absent, il ne sert pas.

  • Jusqu'à 8 ans : compte enfant rattaché, magasin d'applications verrouillé, navigation limitée à une liste d'applications choisies, pas de messagerie. Les modes « enfants » des plateformes vidéo sont imparfaits mais nettement préférables à la version générale.
  • De 8 à 12 ans : achats sous mot de passe, messages privés limités aux amis, horaires d'usage, et une règle simple posée à voix haute — on ne donne jamais un mot de passe, on n'installe rien sans demander.
  • À partir de 13 ans : le filtrage technique perd en efficacité, la conversation devient l'outil principal. Ce qui reste utile : double authentification, achats verrouillés, et surtout la certitude qu'ils peuvent venir vous voir sans être punis. Un adolescent qui craint de perdre sa console ne dira jamais qu'il s'est fait avoir.

Le contrôle parental intégré aux systèmes — Temps d'écran sur iPhone, Family Link sur Android, les comptes famille sur consoles et sur Windows — suffit dans la grande majorité des cas. Une application tierce payante ajoute surtout des rapports détaillés, et parfois un sentiment de surveillance qui abîme la confiance.

Ce qui marche quand on en parle

Les messages qui fonctionnent, testés au téléphone avec des parents :

  • « Personne ne peut fabriquer de la monnaie du jeu, à part l'éditeur. » C'est factuel, vérifiable, et ça coupe la racine de la majorité des arnaques.
  • « Un mot de passe, c'est comme une clé de maison : on ne la prête pas, même à un ami. »
  • « Si quelqu'un te demande de continuer la discussion ailleurs, viens me le dire. »
  • « Si tu t'es fait avoir, tu ne seras pas puni. » C'est la phrase la plus importante de la liste. La peur de la sanction est ce qui retarde de plusieurs semaines la découverte d'un problème, et ce délai est précisément ce qui l'aggrave.

Et un geste concret : faire ensemble, une fois, le tour des réglages de confidentialité de son jeu préféré. Un enfant qui a vu où sont les options les réutilise seul.

Si le compte est piraté ou si de l'argent est parti

  1. Changer le mot de passe depuis un appareil sain, puis déconnecter toutes les sessions.
  2. Vérifier l'adresse mail et le numéro de récupération du compte : l'attaquant les remplace en premier.
  3. Vérifier la boîte mail associée : si elle est touchée aussi, c'est elle qu'il faut reprendre avant le reste.
  4. Contacter le support de l'éditeur avec les preuves d'achat et la date de création. Beaucoup restaurent le compte et les objets si la demande est rapide.
  5. Pour des achats non autorisés, demander le remboursement à la plateforme avant de faire opposition ; l'opposition bancaire peut entraîner la fermeture du compte de jeu.
  6. En cas de chantage ou de contenu impliquant un mineur, ne rien supprimer, tout conserver, et signaler sans attendre. Les démarches sont détaillées dans porter plainte et signaler et 17Cyber. Le 3018, gratuit, est le numéro dédié aux jeunes victimes de violences numériques.

Si l'appareil lui-même se comporte anormalement après une installation douteuse, le tri entre panne et infection est dans mon téléphone Android est-il infecté, et un nettoyage complet démarre à 39 € — voir les tarifs. Le diagnostic de quinze minutes au téléphone est gratuit.

Le compte de l'enfant : adresse, identifiant, mot de passe

La configuration qui évite les trois quarts des problèmes tient en quatre points, et elle se met en place en une demi-heure.

  1. Une adresse e-mail dédiée, créée pour l'occasion, distincte de la vôtre et de celle de l'école. Si elle fuite, rien d'autre ne suit. Sur un compte enfant rattaché, c'est vous qui en gardez l'accès.
  2. Un identifiant qui ne révèle rien : ni le nom de famille, ni l'année de naissance, ni la ville. Le nom d'utilisateur est visible par tous les joueurs.
  3. Un mot de passe unique, différent de celui du téléphone et de l'école. Enregistrez-le dans le gestionnaire familial plutôt que dans le navigateur de l'ordinateur partagé.
  4. Un numéro de téléphone de récupération qui est le vôtre, pour pouvoir réinitialiser le compte si l'enfant se fait prendre le sien.

Vérifiez aussi les informations personnelles visibles dans le profil : beaucoup de plateformes affichent par défaut la date de naissance, la ville ou les amis. Trois cases à décocher dans les réglages de confidentialité.

Carte bancaire, code secret et achats : le verrouillage

Le poste de dépense inattendu se règle par trois verrous, tous gratuits.

  • Retirez la carte bancaire du compte utilisé par l'enfant. C'est la mesure la plus efficace, et la plus simple. Les cartes prépayées du magasin d'applications remplacent très bien l'enregistrement d'une carte.
  • Exigez un code secret pour chaque achat. Sur iPhone et iPad, c'est dans le Temps d'écran, rubrique des achats. Sur Android, dans l'authentification pour les achats du magasin. Sur console, un code parental sur le profil. Choisissez un code que l'enfant ne connaît pas et qui n'est pas celui du téléphone.
  • Activez les notifications d'achat par e-mail sur votre propre boîte mail : vous voyez passer la première dépense au lieu de découvrir la série sur le relevé.

Si des achats frauduleux ont déjà eu lieu, commencez par le formulaire de remboursement de la plateforme, avec la date et le montant. L'opposition bancaire vient après : elle entraîne souvent la fermeture du compte de jeu, et l'enfant perd tout.

SMS, messages frauduleux et faux amis

Les adolescents reçoivent les mêmes campagnes que les adultes, avec un habillage différent. Ce qui circule le plus :

  • Le SMS qui annonce un colis, un abonnement ou un gain, avec un lien à cliquer. Même mécanique que chez les adultes : ni la banque, ni un service public, ni une plateforme de jeu ne demandent de se connecter depuis un lien reçu par SMS.
  • Le message d'un « ami » dont le compte a été pris, qui demande un code reçu par SMS ou un service de paiement instantané. Le réflexe à enseigner : appeler la personne avant de répondre.
  • Le faux concours ou le faux partenariat promis par message privé, qui demande l'identifiant du compte « pour vérifier ».
  • Le lien raccourci partagé dans un salon de discussion : impossible de voir où il mène avant de cliquer, donc on ne clique pas.

Une règle simple et retenable : un code reçu ne se donne à personne, et un identifiant non plus. Le reste — reconnaître un faux navigateur, vérifier une adresse — vient avec l'âge ; ces deux phrases-là fonctionnent dès dix ans. Le détail des campagnes en cours est dans les faux SMS administratifs.

Questions fréquentes

Les générateurs de monnaie virtuelle gratuits existent-ils vraiment ?

Non, aucun. La monnaie d'un jeu est créée par son éditeur et par personne d'autre. Tout site ou vidéo qui en promet gratuitement cherche soit les identifiants du compte, soit un numéro de téléphone facturé, soit l'installation d'une application indésirable.

Mon enfant a dépensé des centaines d'euros dans un jeu, puis-je être remboursé ?

C'est possible et ça arrive, surtout pour une série d'achats rapprochés effectués par un mineur. Passez par le formulaire de remboursement de la plateforme dans les jours qui suivent. L'opposition bancaire doit rester un dernier recours : elle entraîne souvent la fermeture du compte.

Faut-il installer une application de contrôle parental payante ?

Rarement nécessaire. Les outils intégrés aux systèmes couvrent les besoins essentiels : temps d'écran, validation des achats et des téléchargements, filtrage par âge. Les applications tierces ajoutent surtout des rapports d'activité, au prix d'un climat de surveillance.

À partir de quel âge donner un téléphone avec Internet ?

Il n'y a pas de réponse universelle, mais un critère utile : l'enfant est prêt quand il sait vous dire spontanément ce qui lui arrive de désagréable en ligne. Avant cela, le filtrage technique compense mal l'absence de ce réflexe.

Mon enfant a donné son mot de passe à un ami, est-ce grave ?

Changez-le, et vérifiez l'adresse de récupération du compte. Le risque n'est pas tant l'ami que la circulation du mot de passe, souvent réutilisé sur d'autres services. C'est l'occasion d'en mettre un unique et d'activer la double authentification.

Faut-il créer une adresse mail séparée pour son enfant ?

Oui, et de préférence un compte enfant rattaché au vôtre, ce que proposent gratuitement Google comme Apple. Vous gardez la main sur la réinitialisation, les téléchargements et les achats, et une fuite sur les comptes de jeu n'atteint pas la messagerie familiale.

Mon enfant reçoit des SMS frauduleux, que faire ?

Ne pas cliquer, ne pas répondre, et faire suivre le message au 33700, le service gratuit de signalement des SMS indésirables. Profitez-en pour poser la règle : aucun service ne demande de se connecter depuis un lien reçu par message.

À lire aussi : le chantage à la webcam · comment les mots de passe sont volés · les faux hackers qui récupèrent un compte.

EA

Étienne AubryTechnicien informatique au Mans depuis dix ans. Cette fiche vient de ce que je vois passer au téléphone, pas d'un manuel. En savoir plus.

Un doute ? Appelez

Des paiements que vous n'avez pas faits ?

Diagnostic gratuit au téléphone (15 minutes), et une réponse claire en cinq minutes.

07 51 13 37 69

Cybermalveillance.gouv.fr Voir la fiche Fix72